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MEDECINE - PSYCHOLOGIE - CULTURE

 

La lettre de la Fondation - n° 5/septembre 1993

 

UN VERBE EN QUESTION
LL5 - Edito - Giselle Eberhard / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1993

DU REVE A LA REALITE: NAISSANCE DU GROUPE SENOI
LL5 - Naissance du groupe - Monique Jaton / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1993

SERMENT D'HIPPOCRATE
LL5 - Serment / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1993

RESPONSABLE DE SOI
LL5 - Responsable - Claude Larre / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1993

TRAITER OU SOIGNER
LL5 - Traiter ou soigner - Henri Dufour / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1993

LE QIGONG: UNE FORME DE "SELF HELP"
LL5 - Qigong - Jacques Finger & Gérard Salem / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1993

SOUFFRANCE ET BEAUTE
LL5 - Souffrance et beauté - Ilario Rossi / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1993

LISTE DES MEDECINES COMPLEMENTAIRES EUROPEENNES DITES COMPLEMENTAIRES (OMS, 1983, non exhaustive!)
LL5 - Liste des médecines / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1993

DANS L'OEIL DU CYCLONE
LL5 - Cyclone - Felice Graziano / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1993

SOIGNER COMMENCE PAR SOI
LL5 - Soigner - Hélène Bottarelli / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1993

ECHOS D'UNE SOIGNANTE
LL5 - Echos - Christine Jaques / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1993

SURVIVRE OU VIVRE?
LL5 - Survivre - Monique Jaton / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1993

SOIGNER OU GUERIR?
LL5 - ...ou guérir - Bertrand Piccard /© Fondation Ling, Lausanne, septembre 1993

RETABLIR UN EQUILIBRE
LL5 - Rétablir - Dresse Qi Baoping / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1993

ARMES DURES, ARMES DOUCES
LL5-Armes - Rosemarie Burri / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1993

COMPREHENSION, COMPAGNIE, COMPASSION
LL5 - Compréhension - Yachiun Lo Sangra / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1993

NE PAS TOUT SAVOIR
LL5 - Savoir - Anne Spagnoli / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1993

GUERIR ENSEMBLE
LL5 - Guérir ensemble - Gemma Salem / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1993

CE QUE VEUT DIRE SOIGNER EN CHIRURGIE
LL5 - Soigner en chirurgie - Jean-Claude Givel / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1993


UN VERBE EN QUESTION
LL5 - Edito - Giselle Eberhard / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1993

Dans une société où la santé, et par conséquent la maladie, deviennent des préoccupations majeures, il est intéressant de trouver quel est le mot-clef, le concept sous-jacent à tous les débats. C'est ce que vous propose ce numéro cinq de La Lettre , dont le dossier principal est consacré au verbe "soigner". Notion simple, du moins en apparence, mais qui sous-tend un ensemble de questions fort complexes, ce qui nécessite de l'aborder dans une perspective plurielle.

Il convient de relever que soigner est d'abord une forme très particulière de relation humaine, qui n'est pas assimilable à d'autres relations telles que l'amitié, l'amour, la confession partagée, l'esprit corporatif, le lien familial, l'interaction pédagogique, etc. Et pourtant, elle tient de tout cela à la fois, sans qu'il soit toujours aisé de la reconnaître. A mes yeux, soigner désigne principalement une relation d'aide.

Mais l'acte de soigner est-il forcément le propre du médecin) Un thérapeute est-il le seul dépositaire du savoir et de l'autorité, face à un patient nécessairement passif) Les nouveaux courants du "self-help" véhiculent l'idée centrale que les patients se considèrent eux-mêmes comme de plus en plus concernés par la démarche thérapeutique, et par là, amenés à prendre une part active aux stratégies de santé. De nos jours, un bon patient est un patient "auto déterminé" et plein d'initiative.

Nous aurions pu commencer par interroger l'adéquation du terme lui-même. Il nous renvoie en effet à deux états bien distincts, la maladie et la santé, que nous ressentons généralement comme des opposés. En ce sens, le verbe "soigner" matérialise l'effort accompli pour passer d'un état l'autre: il devient limitatif et reflète une conception dualiste peut-être simpliste. Et si maladie et santé n'étaient en fait que deux pôles ou deux versants d'une seule et même réalité? Existe-t-il quelqu'un de complètement malade? On peut se demander quelles seraient les conséquences d'un tel changement de paradigme, une fois l'opposition dépassée. Le verbe "soigner" devrait-il alors être remplacé par d'autres concepts, au champ sémantique plus large: accompagner, guider, aider, soutenir, encadrer, relier, etc.?...

Cette signification plus étendue du mot "soigner" dépend évidemment du type de traitement choisi. L'acte thérapeutique peut être plus aisément circonscrit et défini par notre médecine scientifique, au caractère essentiellement analytique, que par une médecine au regard globaliste, "holistique", qui tente de prendre en compte tous les aspects de la vie du patient. Mais quelle que soit sa définition, l'acte thérapeutique dépendra tout autant, si ce n'est davantage, de la personnalité du thérapeute, de sa dimension humaine et spirituelle. Jacques Pache, musicien bien connu de la région lausannoise, disait récemment avec simplicité : "on ne peut transmettre que ce qu'on est, pas ce qu'on sait". Soigner, c'est également une forme de transmission, un enseignement.

Pour élargir le débat, l'éclairer dans sa pluralité, il était impératif que La Lettre donne la parole non seulement à des thérapeutes de "confessions, variées, mais également à ceux qui se trouvent à l'autre bout de la chaîne, vous et moi. Qu'en est-il donc du patient, de ses attentes, de ses réactions? Vaste sujet, dont La Lettre ne prétend guère faire le tour. Mais elle vous propose plusieurs pistes pour enrichir votre réflexion personnelle.

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DU REVE A LA REALITE: NAISSANCE DU GROUPE SENOI
LL5 - Naissance du groupe - Monique Jaton / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1993

Le mystérieux nous intrigue tous. En tentant de le percer, nous nous aventurons vers l'inconnu, l'inattendu. Du chaman au médecin d'aujourd'hui, du neurophysiologiste au neurophilosophe, du psycha–nalyste au patient, le rêve interroge. "Le rêve est une seconde vie" écrivait Nerval. Freud le tient pour "la voie royale vers l'inconscient". Chaque rêve est un message qui s'adresse directement et personnellement au rêveur.

Ce message, Gérard Salem l'a merveilleusement commenté aux quelques privilégiés réunis, le temps d'un week-end, loin des préoccupations quotidiennes. De la transe induite par la voix rassurante de notre guide et le bercement rythmé du vent dans les mélèzes, des senteurs sylvestres venues caresser nos narines aux craquements fantomatiques du bois vieilli de la pension Beau-Site, sans oublier l'interdit de "l'éléphant vert", tout était réuni pour que l'aube soit largement animée par l'écho des songes de la nuit.

Afin de ne pas laisser ces quelques instants magiques s'envoler au fond de nos inconscients, quelques uns d'entre nous ont décidé, à l'images de Senoi*, de poursuivre le voyage, de réfléchir de quelle manière mettre en commun toute la richesse de ces rêves et de les partager avec d'autres. Le groupe Senoi de la Fondation Ling est ainsi né, dans les brumes matinales de la montagne valaisanne.

Récemment réuni, un petit comité de six personnes a tenté de mettre en place quelques bases de réflexion, de fonctionnement et d'éthique. Après quelques séances de "rodage", le groupe sera alors ouvert aux membres intéressés, qui peuvent, s'ils le souhaitent, laisser leur coordonnées au secrétariat de la Fondation Ling. Dès que possible, une information plus détaillée sera transmise et les personnes intéressées recontactées.

*Senoi: éthnie de la jungle malaise, dont les membres se réunissent chaque matin, afin d'entendre et de discuter les rêves de la nuit, les considérant comme guides de leurs préoccupations et actions quotidiennes.

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SERMENT D'HIPPOCRATE
LL5 - Serment / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1993

Je jure par Apollon le guérisseur, par Esculape, par Hygie et Panacée, par tous les dieux et toutes les déesses que je prends à témoin, de remplir suivant mes forces et ma capacité le serment et l'engagement suivants:

Je mettrai mes maîtres au même rang que les auteurs de mes jours, je partagerai avec eux mon avoir et, le cas échéant, je pourvoirai à leurs besoins; je tiendrai leurs enfants pour des frères et, s'ils désirent apprendre la médecine, je la leur enseignerai sans salaire ni restrictions. Je ferai part des préceptes, des leçons orales et du reste de l'enseignement à mes fils, à ceux de mes maîtres et aux disciples liés par un engagement et un serment conforme à la loi médicale, mais à nulle autre.

Je dirigerai le régime des malades à leur avantage, suivant mes forces et mon jugement, et je m'abstiendrai de tout mal et de toute injustice.

Je ne remettrai à personne du poison, même si on m'en demande, ni ne prendrai l'initiative d'une pareille suggestion; semblablement je ne remettrai à aucune femme des produits provoquant l'avortement.

Je passerai ma vie et j'exercerai mon art dans l'innocence et la pureté.

Je ne pratiquerai pas l'opération de la taille, je la laisserai aux gens qui s'en occupent.

Dans quelque maison que je pénètre, j'y entrerai pour l'utilité des malades, me préservant de tout méfait volontaire et corrupteur, et surtout de la séduction des femmes et des garçons, libres ou esclaves.

Quoi que je voie ou entende dans la société pendant l'exercice ou même hors de l'exercice de ma profession, je tairai ce qui n'a jamais besoin d'être divulgué, regardant la discrétion en pareil cas comme un devoir.

Si je remplis ce serment sans l'enfreindre, qu'il me soit donné de jouir heureusement de la vie et de ma profession, honoré à jamais parmi les hommes; si je le viole et que je me parjure, puissé-je connaître un sort contraire!

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RESPONSABLE DE SOI
LL5 - Responsable - Claude Larre / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1993

Par la Vertu du Ciel, une vie a jailli. Ce nouveau vouloir, c'est identiquement moi, spirale de souffles, elle monte de la Terre et y retombe inlassablement. De l'intérieur, des essences très pures l'alimentent selon ses besoins, tandis qu'un entourage maternel fournit la croissance et la protection.

Le corps visible, dans les profondeurs, se tisse de lui-même, sous la poussée d'une animation torrentueuse puissamment dirigée. On peut y discerner une symbiose d'organes nobles et moins nobles, hérarchisés. Ils fonctionnent silencieusement, parfaitement sur le modèle d'un empire dont le coeur est le souverain. Le vide central du Ciel-Terre est centre de personnalité: tout y arrive, tout en repart naturellement.

Rien pourtant ne s'y fait sans moi. Je veillerai donc au maintien de ma propre cohésion organique. Une structure enfouie dans l'abîme terrestre est le support d'une destinée cachée dans les cieux. Et pour cette raison dans la communauté des vivants toute histoire individuelle est un devenir plus pressenti que connu. L'opus splendide d'une vie - parfois vraie tragédie - est toujours un drame et j'en suis, moi, le régisseur responsable.

Qui nous enseignera les recettes de vie, le Tao efficace, les recours, l'issue bienheureuse?

Dans cet immense désordre apparent des passions humaines qui éclaboussent le mouvement vital de chacun, les voix de l'Empereur Jaune et de son Maître céleste se font entendre.

Ils montrent au coeur et à l'oeil attentifs le nombre, la mesure et les modèles. Le Yin et le Yang, à travers le Bois, le Métal, l'Eau, le Feu et la Terre forment un filet suprêmement actif: il enserre et soutient tout.

Comment? Les onze premiers traités du Classique Interne le disent, l'indiquent et le dévoilent.

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TRAITER OU SOIGNER
LL5 - Traiter ou soigner - Henri Dufour / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1993

Est-ce un métier, une activité, une fonction, une disposition, une satisfaction, voire un besoin, une "vocation"?

Cette question est rarement posée à soi-même, et à autrui hors des colloques de psychologie médicale et des séminaires d'éthique. A un certain niveau, la réponse ne peut être qu'individuelle, voilà pourquoi G. Salem la pose de façon personnelle.

Dans ce contexte, je crois volontiers au développement précoce d'une capacité indifférenciée à soigner, par analogie avec l'hypothèse de Spearman, concernant le facteur "G" (général) de l'intelligence, transférée aux émotions.

Inscrite à partir d'apprentissages personnels, familiaux et sociaux, l'expérience de traumatismes et de la souffrance chez autrui, surtout quand les siens ont été épargnés, mais aussi les conditions éducatives et l'ouverture à la spiritualité dans ce qu'elle apporte d'humilité, nous prépare-t-elle à soigner un jour?

Beaucoup y échapperont, car "il faut une occasion pour faire le larron": un fils, un livre, un échec, peut-être même un modèle ou une rencontre.

Soigner, c'est apporter à celui qui est injustement touché par la maladie, forme la plus actuelle de malédiction, l'espoir de guérison ou de réparation, c'est lui communiquer sa part de confiance et de compétence, et en psychiatrie plus particulièrement lui rendre autonomie, estime de soi et respectabilité: on soigne parfois un malade mais toujours une personne.

Mais soigner, c'est également se restaurer soi-même dans un statut enviable de notoriété et de pouvoir; en nous les deux pôles cohabitent et la marge d'authenticité est étroite.

Bien sûr les médecins et autres soignants ont l'exclusivité des traitements mais bien d'autres peuvent soigner au quotidien en faisant un tout autre métier; par exemple le "guérisseur" qui affiche cette disposition ou l'avocat quand il restaure la dignité de son client. En fait, soigner est l'une des grandes modalités de notre trajectoire vitale, probablement en déclin par rapport au "produire" et au "gérer".

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LE QIGONG: UNE FORME DE "SELF HELP"
LL5 - Qigong - Jacques Finger & Gérard Salem / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1993

Le qigong (prononcez "tchikon") est une ancienne discipline psychocorporelle chinoise, tenant à la fois de la gymnastique et de la méditation, qui connait de multiples formes et applications. Très populaire en Chine, le qigong intéresse de plus en plus l'Occident. La Fondation Ling consacre depuis sa création une attention soutenue au qigong, en particulier aux applications qu'il connait pour la santé. C'est l'objet de quelques séminaires, enseignements résidentiels, voyages de stages à Pékin ou d'étude comparative du qigong dans plusieurs villes de Chine, etc. (Un prochain stage d'apprentissage du qigong de santé est programmé en février 94 à Pékin : voir information sur les voyages dans ce même numéro de La Lettre ). Depuis 1991, la Doctoresse Qi Baoping, médecin traditionnel de l'Université de Tianjin, enseigne à la Fondation Ling une forme très élaborée du qigong, fort pratiquée en Chine : le vol de la grue, particulièrement bénéfique pour la santé. Cet enseignement comporte une série de 6 enchaînements, enseignés en un cycle de trois week-ends résidentiels. Deux cycles sont organisés chaque année (environ 20 élèves par cycle). Jusqu'à présent une soixantaine de personnes ont suivi cet enseignement, la majorité trouvant beaucoup de plaisir, d'intérêt et de profit dans l'ambiance chaleureuse et amicale des week-ends. Deux nouveaux cycles commenceront bientôt (voir calendrier); il est possible à chacun et chacune de s'y inscrire. L'organisation de ces week-ends est confiée à M. & Mme Jacques et Isabelle Finger, à qui il convient d'écrire pour se renseigner (Fondation Ling). Enfin, nous sommes heureux d'annoncer la prochaine parution d'un aide-mémoire du qigong de la grue, réalisé et édité par une équipe de la Fondation Ling en collaboration avec la Dresse Qi Baoping. Il comporte des dessins clairs et un rappel des enchaînements, constituant ainsi un rappel fort commode pour les élèves débutants ou avancés. Il est possible d'ores et déjà de le commander par écrit à la Fondation Ling. Pratiquer le qigong, c'est une façon très complète de s'occuper de soi et de sa santé. Il fait l'objet actuellement de nombreuses recherches scientifiques en Chine et dans le monde. Adjuvant fort utile lors d'une convalescence, instrument de développement de la vitalité, méthode de renforcement de l'immunité naturelle, on peut le pratiquer seul ou en groupe. Les Chinois le considèrent comme un trésor personnel, le pratiquent à tout âge, et le tiennent d'ailleurs pour un elixir de longue vie (de façon analogue au taijiquan).

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SOUFFRANCE ET BEAUTE
LL5 - Souffrance et beauté - Ilario Rossi / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1993

Soigner est un acte universel, mais quelle diversité dans la manifestation et l'expression de ce qui se fait et de ce qui existe comme méthodes de prévention et de soulagement des souffrances humaines ! De ce fait, soigner constitue un monde de potentialités immense, au travers desquelles ces pluralités sont, surtout et d'abord, ce qui se fait et ce qui existe comme chargé de sens pour chacun, soignant ou soigné. Si c'est de sens qu'il s'agit, celui-ci n'est rien d'autre que la résonance d'un geste ou d'une action avec la sensibilité de chaque individu. Sens et sensibilité, dans un mouvement réciproque, voilà la souche révélatrice de tout acte de soins.

Antonio Zacatecas, amérindien illettré et pourtant soignant exceptionnel, n'avait pas tort de me répéter constamment que "soigner ça vient du beau". En effet, si les soins devraient contenir avant tout du sens et de la sensibilité humaine, leur réalisation ne peut se concrétiser que par la volonté de créer la mouvance relationnelle d'une esthétique réussie. Soigner, c'est équilibrer souffrance et beauté.

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LISTE DES MEDECINES COMPLEMENTAIRES EUROPEENNES DITES COMPLEMENTAIRES (OMS, 1983, non exhaustive!)
LL5 - Liste des médecines / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1993

homéopathie
médecine anthroposophique
diagnostic astrologique
iridologie
diagnostic par examen de la langue
kinésiologie appliquée
diagnostic psychique
aura
photographie Kirlian
biorythmes
test des couleurs de Lüscher
acupuncture
réflexothérapie
shiatsumoxibustion
ostéopathie
chiropractie
thérapie par impact
rolfing
thérapie par manipulation
touch for health
brossage de la peau
méthode Bates d'éducation visuelle
mesmérisme
irradiation de chaleur
bains de cire
respiration
bains de soleil
rayons ultraviolets
monorégimes
jeûne
thérapie Gerson
thérapie par l'urine
cymatique
médecine psionique
radiesthésie médicale
radionique
spires oscillatoires de Lakhovskithérapie orgonale
énergie des pyramides
arica
somatographie
bioénergétique
psychologie biodynamique
psychodrame
nouvelles thérapies primitives
gestalt
conseils mutuels
rencontre
formation de la sensibilité
naturopathie (Heilpraktiker)
guérison métaphysique
cybernétique humaine
psychosynthèse
dianétique
autosuggestion
hypnose
training autogène
psychologie neurophysiologique
galvanisme
ventouses
saignée
faradisme
courant sinusoïdal
thérapie interférentielle
thérapie par hautes fréquences
diathermie et thérapie par micro-ondes
ultrasons
thérapie par pulsions à haute fréquence
endocrinothérapie endogène
pierres précieuses et cuivre
argile et boue
balnéothérapie
phytothérapie
vita florum
exaltation of flowers
aromathérapie
aliments complets
végétarisme
véganisme
macrobiotique
méthode Bircher-Benner
régime de crudités
régime Hay
régime à forte teneur en protéines
régime à forte teneur en fibres
médicaments biochimiques
médecine orthomoléculaire
biofeedback
méditation
illumination intensive
analyse transactionnelle
chromothérapie
mélothérapie
yoga
technique Alexander
terpsichothérapie
eurythmie curative
taijiquan
guérissage par la foi

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DANS L'OEIL DU CYCLONE
LL5 - Cyclone - Felice Graziano / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1993

Il me regarde. Mais à travers un instrument sûrement rempli de prismes, il ne voit que mon oeil, le fond de mon oeil. Moi je le vois, il a une tête ronde et le regard occupé derrière les prismes. Il les manie avec dextérité, netteté. La même netteté qui règne sur son bureau, derrière lui, au fond du cabinet de consultation que j'aperçois avec mon autre oeil qui, heureusement, est presbyte. Je me dis qu'il est très précis et qu'il doit aimer avec passion ses instruments.

Il ne sait pas si je fume trop, si je bois beaucoup, si mon père ou mon grand-père avaient le glaucome, mais il note que le nerf optique est trop excavé et s'inquiète d'une pression trop élevée.

Il parle lentilles, sphère, cylindre, axe, prisme, bien sûr - il aime ce mot, traitements beta-bloquants "aux effets secondaires quasi-nuls".

Ce "quasi" fait naître une vague d'inquiétude et j'essaie de croiser son regard pour m'apaiser. Mais il ne me voit pas.

Je ne peux me voir dans mon oeil comme on se regarderait maigrir ou mettre le doigt sur mon mal comme on agacerait une cicatrice.

Il sait tout; il m'explique; je veux savoir. Mais je ne peux rien . Sinon m'abandonner à son oeil exercé, à ses gestes précis, à ses instruments fiables, aux beta-bloquants "presque" sans danger.

Il a rangé ses prismes. Nous nous levons.

Il m'a donné une ordonnance pleine de beta-bloquants.

A Dieu vat.

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SOIGNER COMMENCE PAR SOI
LL5 - Soigner - Hélène Bottarelli / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1993

Pas d'explication étymologique savante, juste un "hasard" peut-être révélateur de la langue française : "soigner" commence par soi. C'est effectivement ce que l'on peut se dire lorsqu'on observe la composition des participants aux enseignements et week-ends de la Fondation Ling. Souvent soignés et soignants s'y retrouvent, partageant une expérience commune : s'occuper de soi. Les uns cherchant un moyen d'avoir une prise directe sur leur maladie, de se réapproprier le pouvoir de se soigner, les autres cherchant au plus profond de leurs ressources naturelles, à cultiver leur principal instrument de soin : soi-même. Il en résulte un face à face enrichissant, hors des contextes habituels de soins et par le truchement de moyens peu conventionnels, mais participant sans nul doute au processus de soins dans sa globalité. Cette rencontre dépourvue de la conventionnelle position hiérarchique soignant-soigné révèle, de manière subtile les difficultés rencontrées par chacun, permettant une ouverture à une conception différente du soin, telle que nous tous tentons de la développer au sein de la Fondation.

Ces enseignements s'inscrivent de manière pertinente dans la perspective des "nouvelles stratégies de soins" définies dans la Charte de la Fondation. Ils constituent plus qu'une sensibilisation ou même, ce qui en soit serait déjà louable, une simple occasion de développement personnel. C'est pourquoi le Conseil de Fondation a estimé qu'il était utile et fructueux de maintenir cette forme originale de promotion de la santé.

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ECHOS D'UNE SOIGNANTE
LL5 - Echos - Christine Jaques / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1993

7h30, me voilà devant la porte d'un de mes patients. Quelques secondes d'arrêt pour me calmer, faire le vide, être là totalement présente, disponible. Je me remémore les informations reçues aussi bien concernant sa pathologie que ses goûts, sa vie familiale (ce n'est pas seulement "l'opéré du côlon").

Etre là pour aider, soutenir le patient dans ce passage lié à la maladie.

- Bonjour!

Privilège de l'infirmière qui peut entrer en contact de multiples manières : je prends les contrôles (tension artérielle, pulsations, etc.). La personne émerge ou, au contraire, est déjà réveillée depuis fort longtemps. Echos de la nuit, réflexions de l'aube. Je suis là, tout accueil.

Je donne mes informations concernant le déroulement des soins, des examens qui rythmeront la journée. Je profite de la toilette pour percevoir les messages de son corps (tensions, rougeurs...) et dans l'intention de favoriser la détente, je procède à quelques massages. Je ne me laisse pas envahir par sa douleur ou ses préoccupations, mais deviens un instrument, réceptrice face à cette sensibilité mise à nu par l'atteinte physique. Parfois, j'ai l'impression de partager le coeur de l'autre.

Forte de ces moments intenses, je repars avec des éléments nouveaux que je puis rapporter en vue d'une prise en charge toujours plus individualisée.

Merci à mes patients pour tout l'enseignement de vie que je reçois par et grâce à eux.

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SURVIVRE OU VIVRE?
LL5 - Survivre - Monique Jaton / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1993

... "que leur quête d'un mieux-survivre ne continue à se réaliser dans la clandestinité"...

Ce sont là les termes utilisés par la Dresse Lia Singh relatant mon intervention du 6.2.93 dans le cadre du Forum des Soignants de la Fondation Ling (cf La Lettre no 4, p. 16).

Ai-je inconsciemment transmis cette image de survie ou mon message a-t-il été interprété, adapté par l'auteur à sa propre conception de la réalité? Je ne saurais bien sûr le dire, mais mon intention n'était certainement pas de donner une image aussi négative de cette affection, alors que, justement, l'enquête récemment menée m'a permis de découvrir le rôle tout à fait positif des médecines complémentaires dans la maladie cancéreuse.

Ce que j'aurais envie de nommer un lapsus significatif démontre bien à quel point nombre d'entre nous, et plus encore des professionnels de la santé, restent bloqués sur la représentation, très archaïque, du "crabe dévorant", menant inexorablement à la mort.

A travers un cheminement alternatif, on constate un processus de changement bénéfique, le patient se responsabilisant face à lui-même, à son traitement et à sa guérison. La progression de celui-ci vers un rôle toujours plus actif, et même vers un partenariat thérapeutique, pourrait, pourquoi pas, transformer progressivement l'image figée d'une maladie, certes grave, mais dont on peut guérir et avec laquelle on peut vivre et non seulement survivre.

"Une tuile lui m'est tombée sur la tête!": voilà comment un patient décrit, de manière imagée, mais combien réelle, l'instant de l'annonce de son diagnostic. Mais il ajoute immédiatement: "La tuile tombe mais, en aucun cas, la maison ne s'écroule. Au contraire, cela permet de renforcer les bases et la maison devient alors même plus solide qu'avant".

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SOIGNER... OU GUERIR?
LL5 - ...ou guérir - Bertrand Piccard /© Fondation Ling, Lausanne, septembre 1993

Aider le patient à se recentrer dans le courant de la Vie lorsqu'il s'est échoué sur une berge ou qu'au contraire des rapides l'entrainent dans des tourbillons : ralentissement des fonctions ou emballement des cellules; stagnation des énergies, engorgement des organes; retrait sur soi-même ou alors accélération incontrôlée de l'esprit et des pressions; peur de l'inconnu, angoisse devant tout changement, ou fuite débridée devant une réalité insupportable. Aider le patient à se remettre en mouvement, à se réharmoniser avec le rythme des grandes lois naturelles qui régissent toute Vie.

Si soigner, c'est essayer de l'aider, guérir, c'est peut-être y parvenir.

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RETABLIR UN EQUILIBRE
LL5 - Rétablir - Dresse Qi Baoping / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1993

On dit beaucoup de choses sur le fait d'être malade et le fait de soigner. C'est souvent intéressant, mais pour moi, on peut résumer les choses de façon simple. La maladie, c'est un déséquilibre entre le yin et le yang. Et soigner, ça consiste tout bonnement à rétablir cet équilibre. C'est comme ça.

Vous me direz que ce langage n'est pas celui de la médecine scientifique. Je veux bien, mais cela n'empêche rien. Il est grand temps que ces deux médecines se donnent la main et tentent, sinon de parler le même langage, du moins de joindre leurs efforts concrets dans l'intérêt du malade.

La combinaison de ces deux stratégies de soins est tout à fait possible selon moi, comme selon beaucoup de mes collègues en Chine. Il est parfaitement réaliste et cohérent, d'un point de vue pragmatique, d'administrer un médicament chimique à un patient et de le traiter avec des aiguilles d'acupuncture en même temps - même si ça ne "colle" pas sur le plan théorique (d'ailleurs, vous savez, les théoriciens sont nécessaires, mais leur tête est souvent plus proche du ciel que de la terre!). L'essentiel, c'est que le malade aille mieux, non?

L'utilité concrète de ce type de stratégie combinée se vérifie notamment dans le domaine du cancer et dans celui des maladies mentales. Bref, il me semble évident que le fait de ne pas perdre de vue la réalité clinique du patient montre souvent le chemin à qui se mêle de soigner.

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ARMES DURES, ARMES DOUCES
LL5-Armes - Rosemarie Burri / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1993

Lorsqu'ils partaient en Terre Sainte, les Croisés étaient portés par l'énergie que leur donnait cette profonde croyance qu'il était juste de chasser les infidèles et de restituer le Sépulcre et Jérusalem à leurs héritiers légitimes, les rois chrétiens.

Animés de cette ferveur guerrière, mais encore attirés par l'appât du gain ou de la gloire, ou fuyant un plus sombre destin, ou même emmenés "nolens volens" dans ce gigantesque mouvement de masse, des centaines de milliers d'êtres ont ainsi écrit des pages sanglantes dans l'immense volume du combat, immémorial et humain, entre le "bien" et le "mal" (ces deux notions s'inversant suivant le point de vue d'où l'on se place...)

Beaucoup n'en sont pas revenus, ayant laissé leur vie en chemin, d'autres sont rentrés couverts de gloire et de trésors, d'autres encore n'ont ramené que maladies, amertume, cauchemars, usure... Plus rares étaient ceux qui, ayant osé une rencontre réelle avec les "païens" et s'étant laissés enseigner par eux, avaient récolté d'autres richesses.

Parmi ceux-là, des chevaliers qui, ayant découvert qu'il n'y avait pas de Terre Sainte à délivrer ni d'infidèles à chasser si ce n'est en eux-mêmes, ont continué seuls ce qui n'était plus une croisade, mais une quête...

Comparaison n'est pas raison, mais lorsque je considère l'ensemble des systèmes que nous avons, dans nos sociétés modernes, construit autour de la maladie, il m'arrive de trouver d'étranges ressemblances entre la sainte ferveur des croisés et la "fureur thérapeutique" dont semblent animés nombre de soignants, quel que soit leur "grade" ou leur obédience. De part et d'autre, j'y vois un idéal élevé, et des bénéfices secondaires pas toujours avouables, et d'un côté comme de l'autres, des êtres qui paient parfois très cher, dans leur corps ou dans leur âme, leur engagement.

Un balayage sémantique plus élaboré permettrait de montrer combien le langage courant puise dans la terminologie militaire pour parler des soins (lutter contre une épidémie, combattre une infection, bombarder de rayons, etc..). L'"arsenal thérapeutique" de plus en plus technique et sophistiqué, les stratégies mises en place (les campagnes anti-...) nous montrent que souvent l'art de la médecine n'a plus grand chose à envier à l'art de la guerre.

Il me semble qu'un regard critique et constructif sur la médecine ne peut l'être valablement que si l'on accepte aussi de remettre en question notre relation profonde à ce que nous appelons santé et maladie. Tant que nous persistons dans cette dichotomie qui dissocie l'être de lui-même en entretenant la peur, je crains que nous ayons beaucoup de mal à sortir de certaines impasses.

La question pourrait ne plus être, faut-il utiliser des "armes dures" ou des "armes douces", mais : faut-il s'armer, tout court? Faut-il lutter contre la souffrance et la maladie, ou aller plus simplement dans le sens de ce qui est vivant, en laissant la place à des processus qui échappent à notre vouloir, mais dont nous pouvons reconnaître la force auto-régulatrice?

Le changement de paradigme que cela suppose devient alors une question personnelle, et il n'y a plus ni "malades" ni "soignants", mais des humains en relation, confrontés à la réalité de leurs peurs et de leur foi, cherchant à s'accorder à eux-mêmes, à leur environnement et surtout à ce que la Vie attend d'eux.

Un sacré Graal... (pardon, programme).

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COMPREHENSION, COMPAGNIE, COMPASSION
LL5 - Compréhension - Yachiun Lo Sangra / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1993

Une fois, un enfant psychotique m'a apporté une brève illumination sur ce que signifie soigner, au sens large du terme. Durant sa crise, dans la nuit (due à une rage de dents ou à une bouffée d'angoisse, je ne sais trop), il se mord, se raidit.Son visage se tord et, dans sa douleur, il hurle en pleine nuit. Que faire? Lui donner un calmant? L'attacher dans un harnais de sécurité? Chercher d'autres solutions? Impuissante, je réalise seulement qu'il souffre atrocement.

Dans le noir, instinctivement, je saisis ses petites mains, les serre très fort contre moi, comme si je voulais qu'il me sente entièrement avec lui en ce moment difficile. Quelques minutes plus tard, rassuré, rassemblé en son petit être, il sombre d'un seul coup dans le sommeil. Quelques larmes perlent encore aux coins de ses yeux. Quant à moi, je reste émue par ces moments de partage muet mais intense, au coeur de la souffrance.

Soigner est un processus qui me paraît relier trois éléments : compréhension, compagnie et compassion - au coeur de la douleur la plus insondable de l'être.

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NE PAS TOUT SAVOIR
LL5 - Savoir - Anne Spagnoli / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1993

(Il y a quelques années, j'avais pris des notes à la suite d'une conversation avec une amie espagnole, à l'époque où elle travaillait comme femme de chambre au CHUV. Le petit texte qui suit est une transcription libre de quelques extraits de cet entretien (*).

A. Tu as déjà travaillé dans plusieurs entreprises. En quoi le travail au CHUV est-il différent?

Maria : La grande différence c'est qu'ici, en division, on travaille dans des locaux qui sont continuellement occupés. Il faut donc nettoyer sans déranger les usagers. Pour passer inaperçues, on doit connaître très bien la routine du service.

A. Tu as l'impression que tu réussis à passer inaperçue?

Maria : Ça dépend pour qui, évidemment. J'ai l'impression que pour les médecins, nous sommes carrément invisibles (presque trop, parfois!). Notre présence est parfois encombrante pour les infirmières, qui doivent se faufiler entre nos balais et nos chariots. Par contre les patients sont souvent contents de nous voir!

A. Pourquoi, à ton avis?

Maria: Lorsqu'ils sont hospitalisés les gens vivent dans un monde complètement artificiel, où il n'est question que de la santé. Avec les infirmières et les physios, et même avec leurs visites, ils se sentent presque obligés de parler de leurs bobos. Tandis qu'avec nous, ils peuvent parler... normalement. Il y a quelque temps, dans un colloque, mes collègues demandaient de porter des blouses blanches. Elles avaient l'impression qu'en s'habillant comme le personnel soignant elles seraient moins méprisées. Mais je crois que pour les malades ce ne serait pas une bonne chose que de n'être entourés que de blouses blanches qui leur rappellent qu'ils sont malades.

A. Tu as l'impression que les patients te disent des choses qu'ils ne disent pas au personnel soignant?

Maria : Oui, cela arrive. Par exemple il y a quelque temps j'ai dû transmettre un message de la part d'une patiente à l'infirmière, mais j'avais oublié son nom, alors j'ai dit: "Vous savez, la dame qui a perdu son mari il y a quelques semaines." Or, l'infirmière n'était pas du tout au courant de ce deuil récent.

A. Quels autres contacts as-tu avec les malades?

Maria : Très souvent les patients et les visiteurs s'adressent à nous pendant que nous nettoyons les couloirs, pour savoir par où passer. Bien sûr, il y a partout des panneaux, mais quand les gens sont nerveux et angoissés ils préfèrent demander, pour avoir un contact. Il y en a qui nous posent des questions sur le service, sur le personnel, et même sur les autres malades. Bien sûr, on ne peut pas toujours leur répondre, mais peut-être ont-ils aussi besoin de parler avec des gens qui ne "savent" pas tout, qui ne sont pas des spécialistes!

(*) Cet entretien a eu lieu dans le cadre de mon travail syndical: il s'agissait de motiver une augmentation de salaire pour le personnel d'exploitation des hôpitaux étant donné les spécificités de leur travail.

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GUERIR ENSEMBLE
LL5 - Guérir ensemble - Gemma Salem / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1993

Des médecins que j'ai vus en un demi-siècle, ceux dont la physionomie et la voix me reviennent le mieux n'ont apparemment en commun que le fait que sitôt entrée dans leur cabinet, je me voyais déjà guérie. Leur qualité d'attention portée à ma personne autant qu'au bobo qui m'amenait pourrait expliquer ce phénomène, mais ils avaient aussi le souci de me faire comprendre qui ils étaient, leurs propres points faibles, comme si un climat d'égalité était dans l'intérêt de ce que nous étions appelés à guérir ensemble. En somme, ils me démontraient que sans moi, la tâche leur serait difficile, et je ne connais pas de meilleure définition pour l'amour.

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CE QUE VEUT DIRE SOIGNER EN CHIRURGIE
LL5 - Soigner en chirurgie - Jean-Claude Givel / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1993

Soigner c'est consacrer son activité, son dévouement au rétablissement de la santé, à la guérison. C'est savoir tendre une main à celui qui souffre.

La chirurgie, c'est précisément, parmi les différentes modalités thérapeutiques, celle qui comporte l'intervention de la main, nue ou armée d'instruments. Au-delà de l'étymologie du mot, il ne s'agit toutefois pas que d'une démarche manuelle! Construction de l'esprit et achèvement du caractère, cette discipline a une réelle dimension holistique.

Soigner en chirurgie c'est donc maîtriser le diapason qui unira harmonieusement les deux mains, celle des sentiments et celle de l'action. La dualité entre sens propre et figuré d'un même élément corporel prend ici dimension de merveilleuse convergence. Intermédiaire entre soignant et soigné, la main n'est-elle pas en effet le premier témoin de la confiance réciproque entre ceux-ci et la clef de l'entente et de l'harmonie entre les hommes, préalables incontournables à une guérison?

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