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Fondation Ling
MEDECINE - PSYCHOLOGIE - CULTURE

 

La lettre de la Fondation - n° 13/septembre 1996

 

LE POINT AVEUGLE DE NOTRE DESTINEE
LL13 - Edito - Claude Larre / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1996

A PROPOS DE BILANS
LL13 - Bilans - Gérard Salem / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1996

BILAN ADMINISTRATIF: QUELQUES CHIFFRES
LL13 - Quelques chiffres - Hélène Bottarelli / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1996

LA LING DE MIRE
LL13 - Ling de mire - Eric Bonvin / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1996

VOUS AVEZ DIT CINQ?
LL13 - Cinq - Michel Herzen / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1996

"ET" AU LIEU DE "OU"
LL13 - Au lieu de - Danièle Marmier / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1996

LA TRILOGIE LING: MEDECINE-PSYCHOLOGIE-CULTURE
LL13 - Trilogie - Ilario Rossi / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1996

MALADIE ET MALHEUR: LA PEDAGOGIE DE L'EPREUVE
LL13 - Maladie malheur - Bertrand Piccard / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1996

STUDIO LING 5 ANS 50 CONFERENCES
LL13 - 50 conférences - Lynda Meyer / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1996

CORALING
LL13 - Coraling - Véronique Terrier / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1996

ET AVEC MOI DOCTEUR, ÇA PEUT MARCHER?
LL13 - Ça peut marcher - Bertrand Martin / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1996

LA DOCTORESSE QI BAOPING ET LE QIGONG DU VOL DE LA GRUE
LL13 - Doctoresse / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1996

QU'EST-CE QUE LE YI KING?
LL13 - Yi king - Lynda Meyer / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1996

L'HYPNOSE: UN ART DE SOIGNER
UNE FORME DE DECOUVERTE DE SOI

LL13 - Hypnose / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1996

ATELIER DE NARRATION
LL13 - Narration - Isabelle Guisan / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1996

LA CONDUITE DE LA VIE SELON LES CHINOIS
LL13 - Conduite de la vie - Claude Larre / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1996

COURS HEBDOMADAIRE DE DO-IN
LL13 - Do-in - Marie-Claire Essade / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1996

CHARTE DE LA FONDATION LING (1991)
LL13 - Charte / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1996

COUP D'OEIL SUR L'ORGANIGRAMME ET LES COLLABORATEURS DE LA FONDATION
LL13 - Organigramme / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1996

DONNEES ADMINISTRATIVES
LL13 - Données administratives / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1996

LA LETTRE ET AUTRES PUBLICATIONS
LL13 - Autres publications / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1996

BIBLIOTHEQUE
LL13 - Bibliothèque / © Fondation Ling, Lausanne, septembre1996


LE POINT AVEUGLE DE NOTRE DESTINEE
LL13 - Edito - Claude Larre / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1996

Les semaines qui ont précédé la naissance de la Fondation Ling m'ont laissé un souvenir lumineux. Je me réjouis donc aujourd'hui de la voir née et bien née, sortie des tâtonnements de la petite enfance, solidement enracinée, autonome et bien menée par ceux qui l'ont pensée et réalisée. Nous devons tous, en cette occasion d'un anniversaire, avoir une pensée reconnaissante pour ceux qui composent l'appareil léger mais efficace, compétent et dévoué de l'administration ordinaire de Ling.

Lausanne, choisie pour y fixer le projet, se révéla un très bon choix. Cette ville francophone où l'on parle beaucoup l'anglais et les langues de la Confédération est très bien équipée : Universités, Ecoles, Instituts et services hospitaliers très diversifiés entretenant une longue tradition de générosité et un grand appétit de culture. Ainsi, la cité sur les bords du lac travaille-t-elle dans un cadre paisible et reposant au développement communautaire de l'Europe des nations que nous souhaitons. Très consciente du danger mortel que représente l'économisme borné, injuste et cruel qui menace toujours, Lausanne est une réponse vivante et un appui offert à ceux qui cherchent courageusement les voies d'une anthropologie moderne.

Nous savons aussi que le monde chinois développe patiemment et avec insistance son influence au milieu de nous. Ce n'est pas pour nous déplaire. Nous y prêtons attention, avec intérêt et sans cette sinolâtrie, un peu sotte et vulgaire, dont trop de nos contemporains s'engouent. Nous observons. Notre seule règle sera : proposez-nous des enseignements authentiquement traditionnels et des techniques efficaces. Nous les recevrons avec reconnaissance et en toute amitié.

Je souhaite maintenant redire une fois de plus, combien je voudrais que la Fondation, même quand elle diversifie ses activités, demeure fidèle aux intuitions qui ont guidé jusqu'ici son développement et son affermissement.

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Le caractère chinois Ling, emblème de la Fondation, tient dans un seul vocable tout le programme que nous nous sommes donné.

La structure du caractère est très lisible, son sens apparaît sans aucune difficulté d'interprétation.

a) registre supérieur : la voûte du Ciel

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contient la pluie

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b) registre intermédiaire : crions vers le ciel: 3 bouches

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c) que ce soit un personnel qualifié de sorciers (et ici) de sorcières qui fassent les implorations

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Le message est clair.

Gardons à la vie qui est donnée et qu'il faut nourrir, conduire, traiter dans les patients, le caractère mystérieux, céleste de son origine. Pour cela, tournons-nous avec respect et résolution vers le Ciel et, par tous les moyens à notre disposition, demandons que la vie fasse son oeuvre, selon l'ordre naturel qu'elle nous révèle en nous-mêmes.

L'efficacité du traitement n'est que le retour du patient aux conditions normales de son être profond, dont le corps sensible qui se donne à voir n'est que la manifestation. Aidons tous ceux qui viennent à nous à se retrouver, à se ressourcer à nouveau en eux-mêmes. Alors notre intervention, qui n'est pas une interférence mais un encouragement à revivre, opérera ce que le malade souhaite : revenir à l'être qu'il était, qu'il est.

L'honnêteté, l'authenticité, la discrétion et en même temps une confiance déterminée en la vie que nous nous représenterons comme le souffle originel authentique reprendra - peut-être grâce à notre médiation - les chemins par lesquels elle est descendue en chacun de ceux qui nous entourent comme elle est venue pour nous faire exister nous-mêmes.

Plutôt que de polémiques toujours un peu stériles avec des opposants et des querelles de personnes ou de méthodes de peu d'intérêt, continuons tranquillement - dans les lustres qui vont se succéder - à marcher toujours avec résolution vers ce point aveugle de notre destinée : le retour à l'authenticité de notre être personnel, afin par là d'atteindre plus sûrement tous les autres hommes avec lesquels se construit, se maintient et se transmet la vie de l'univers dans ses formes humaines.

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A PROPOS DE BILANS
LL13 - Bilans - Gérard Salem / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1996

A quoi servent les bilans? Le mot vient de "bilancio", en italien, qui signifie "balance". Il s'agit de l'inventaire périodique de tout ce qu'une entreprise possède et de tout ce qu'elle doit. Ou de l'état général de l'organisme lorsqu'il est examiné chez le médecin. Autrement dit, notre premier check-up.

A première vue, la santé n'a pas l'air trop mauvaise. La Fondation existe toujours et tient debout sur ses jambes. Elle a les reins assez solides, a réalisé une bonne partie de son programme initial, a été reconnue d'utilité publique, identifiée comme un partenaire compétent et sérieux dans le monde des soins, plébiscitée par un vaste public, tout en se débrouillant - grâce à ses membres et amis - pour tourner financièrement (alors qu'elle reste une institution à but non lucratif). Dans ce numéro spécial de La Lettre, nous établissons une partie de ce check-up en proposant aux lecteurs quelques rétrospectives et perspectives sur le travail accompli ou en cours, et ceci sous des angles différents, comme à notre habitude. Pour commencer, évaluons avec Hélène Bottarelli quelques données chiffrées.

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BILAN ADMINISTRATIF: QUELQUES CHIFFRES
LL13 - Quelques chiffres - Hélène Bottarelli / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1996

Une fois n'est pas coutume, nous allons vous gratifier de quelques chiffres dans une "Lettre"... mais ils sont parfois fort éloquents lorsqu'il s'agit de faire un bilan des activités !

La Fondation LING a connu dès sa création une forte adhésion puisqu'au terme de ses deux premières années d'activité (dont la cotisation avait été couplée en une seule) elle comptait déjà 493 membres. Ce chiffre a depuis légèrement augmenté et nous sommes aujourd'hui 551 membres.

Les membres viennent de tous les horizons professionnels, mais malgré tout 50 à 60 % (selon les années) sont des professionnels de la santé. Parmi ces professionnels 70 à 80 % sont des soignants conventionnels ou non conventionnels (infirmières - physiothérapeutes - psychologues - travailleurs sociaux - guérisseurs - etc) et 20 à 30 % sont des médecins.

Dès sa création, la Fondation a proposé divers week-ends et séminaires de développement personnel ou de formation. De 1991 à fin 1995, soit durant cinq ans, elle a mis sur pied :

  • 54 week-ends qui ont été suivis par 1102 participants
  • 22 journées de séminaires abordant des thèmes extrêmement variés (acu–puncture - eutonie - musicothérapie - esprit du lieu - etc) suivis par 713 personnes
  • 3 cycles de formation à l'hypnose comportant 3 niveaux et suivis par 124 élèves
  • 50 conférences (voir liste complète plus loin dans ce numéro)
  • dès 1995, des cours réguliers de yijing et de langue chinoise.

Cette intense activité, les chiffres en témoignent, a permis à la Fondation, d'une part de répondre aux buts qu'elle s'était fixés dans sa charte et d'autre part de parvenir à établir une situation financière équilibrée. Pour mémoire, la Fondation LING, fondation à but non lucratif et reconnue d'utilité publique (ce qui vous donne le droit, dans les limites légales, de défalquer de vos impôts vos dons à la Fondation), ne dispose comme revenu que des cotisations de ses membres, des dons et du revenu de ses activités. La situation financière actuelle n'a d'ailleurs pas été atteinte sans peine et la Fondation a traversé des périodes critiques financièrement. Une part considérable du travail a été effectué bénévolement tant par le Conseil, l'équipe administrative que par de nombreux membres de la Fondation. Quelques-uns ont pris en charge certains secteurs d'activité permettant la réalisation de week-ends ou de séminaires, la création de groupes de rencontres, l'enregistrement des conférences et la production de cassettes ou la tenue de la comptabilité; d'autres aident ponctuellement la Fondation dans ses tâches administratives.

A tous ceux qui ont contribué occasionnellement ou régulièrement au bon fonctionnement de la Fondation et qui, grâce à leur travail, nous permettent de tirer aujourd'hui un bilan positif de ces cinq années, nous adressons nos plus chaleureux remerciements.

Nous espérons à l'avenir conserver cet esprit qui favorise les liens et un dynamisme au sein de la Fondation. Il sera cependant nécessaire dans une certaine mesure d'augmenter le temps de travail exécuté par les professionnels, ceci afin de normaliser le travail du Conseil et de l'équipe administrative, très sollicités.

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LA LING DE MIRE
LL13 - Ling de mire - Eric Bonvin / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1996

Ce cinquième anniversaire de la Fondation Ling nous offre l'occasion de procéder à un bilan des activités déployées dans la ligne de mire des objectifs fixés par sa charte. Cette dernière* prévoit en effet un programme en trois points centré sur les problèmes de santé pour lesquels la médecine occidentale s'avère peu efficace ou insuffisante et qui pourrait bénéficier de l'apport des médecines traditionnelles:

1- En identifiant et répertoriant ces problèmes par une recherche multidisciplinaire pouvant apporter dans ce domaine des idées neuves qui, entre autres, valorisent le patient dans sa compétence à prendre soin de sa santé de façon responsable.

L'ensemble des activités proposées par la Fondation montre bien ce souci d'apporter à un large public une variété d'approches autant culturelles, (de l'Orient - Chine, Inde,... - à l'Occident - Europe, Amériques - avec ses voyages et ses rencontres, que philosophiques (Taoïsme, Ayurvéda, Zen, Alchimie, traditions, sans compter les précieuses interventions thématiques du Révérend Père Larre), qu'artistiques (l'art du lavis, de l'écoute mutuelle, de la longévité, le cinéma) que techniques (Qigong, Taijiquan, Yijing, Aïkido-shiatsu, Do-in, Massages, Eutonie, Hypnose, Auto-hypnose, Narration) et enfin que médicales avec l'impressionnant travail d'inventaire des diverses techniques de soins réalisé lors du séminaire "Entre Pendule et Scanner".

2- En étudiant ces problèmes au moyen de diverses recherches comparatives.

L'amorce de ce travail de longue haleine se concrétise par le séminaire de "Typologie comparative des exercices psycho-corporels", l'atelier de documentation et de "Recherche comparative sur les proverbes concernant la santé", Coraling ou encore par les suites données au séminaire "Entre Pendule et Scanner" notamment par sa publication et par le "Forum des Soignants" . Ces diverses activités ouvrent un champ d'expériences et de recherches comparatives qui permettent de jeter des "ponts" entre les différentes méthodes de soins, entre les savoirs des uns et les compétences des autres.

3- En y répondant au moyen de stratégies de soins nouvelles et imprégnées d'humanisme.

Cette haute ambition de la Fondation Ling, nécessitant patience et détermination, constitue la perspective la plus importante de ses activités futures. Les bases en sont déjà solidement implantées grâce à ses activités pédagogiques orientées sur les ressources propres de l'individu telles que celles proposées par la formation en Hypnose, les ateliers d'Auto-Hypnose, de Taijiquan, de Qigong, de méditation selon Patanjali, le cercle de lecture, le groupe Senoi et complétées par les divers modèles théoriques présentés lors des très nombreuses conférences organisées par la Fondation: psychothérapies, psychiatrie, psychologie; médecines ayurvédique, énergétique et chamanique amérindienne; ethnopharmacologie; musicothérapie; graphologie; voie taoïste, YiKing, Shiatsu, Aïkido; et autres thèmes philosophiques, culturels, thérapeutiques et ceux, nombreux, liés à la civilisation chinoise.

L'organisation de toutes ces activités s'est clairement faite dans l'esprit de la charte de la Fondation Ling qui lui sert de guide et de repère permanent. C'est ainsi que cet esprit continuera à orienter les activités futures de la Fondation. Celle-ci doit encore focaliser ses efforts sur la réalisation de son programme dont l'objectif reste de promouvoir une approche globale et humaniste de la santé et de la maladie, restaurant l'intégrité de la personne, sans négliger l'efficacité concrète des soins.

Partant d'une approche comparative de la maladie, des soins et des cultures dans lesquelles ils évoluent, il reste à bâtir dans l'esprit de Ling, en point de mire, un réel savoir différent et neuf doté d'une authentique philosophie du métissage, humaniste, s'exprimant par une épistémologie cohérente et s'appliquant grâce à une méthode efficace.

* voir dans ce numéro spécial une réédition de la charte.

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VOUS AVEZ DIT CINQ?
LL13 - Cinq - Michel Herzen / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1996

Vous avez dit cinq ? Rien à voir avec l'architecture !

Cependant... Il y a Vignole et les cinq ordres de l'architecture... Non ! Quand je regarde par la fenêtre de ma voiture - et ça m'arrive parfois - je pense que nous sommes plutôt dans un saint désordre. Et puis les cinq ordres de Vignole ne concernaient que les colonnes classiques.

Et dans les plans d'édifices architecturaux? Là, le chiffre cinq semble être un mal-aimé, ou plutôt un solitaire. Les exemples sont rares: le château de Maulne, dans l'Yonne, ou "the" Pentagone, à Washington...

Il faut dire que la forme pentagonale semble vouée à la solitude. Contrairement à ses deux frères, le carré et l'hexagone, le pentagone ne permet pas de remplir un tapis, une surface. La juxtaposition de pentagones laisse immanquablement des vides; la forme géométrique de base reste alors solitaire, ou engendre des croissances aux tentacules tournantes ou zigzaguantes.

Par un aspect beaucoup plus symbolique, le chiffre cinq a pu constituer un réel enrichissement dans le monde de l'architecture. L'approche ésotérique visant à reconnaître la présence, l'action, les interactions entre les quatre éléments (terre, air, eau, feu) et "moi", moi, qui suis au centre de l'édifice, a donné plus d'une source d'inspiration aux projeteurs. Ces cinq entités sont incontournables dans toute conception d'un abri au sens large: jailli du sol, excroissance du sol dans l'air et la lumière, l'habitat comporte toujours deux types de points focaux de nature opposée: la source chaude et les lieux d'eau. Et puis il y a moi, cinquième élément, ancré au monde par les quatre premiers...

Ma voisine, elle, est plus terre à terre, et plus réaliste en même temps : "Une maison ? mais c'est quatre murs et un toit !" Oui : avec ces cinq éléments, on fabrique un abri, un abri rustique, mais un abri tout de même. Il lui manque cependant son inévitable sixième face : le sol, le sol naturel ou le sol bâti. Puis il y a l'intérieur, et de nouveau, "moi" à l'intérieur, septième élément... Et les sept éléments réunis, tout ne fait que commencer !

La Fondation Ling a cinq ans : ce chiffre signifie-t-il que son abri est prêt, et qu'elle peut développer son intérieur, sa sixième face, et son septième élément ? Dans cette optique la Fondation semble en être déjà à sa septième année au moins !

Mais peut-être existait-elle au fond de certains coeurs bien avant sa naissance...

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"ET" AU LIEU DE "OU"
LL13 - Au lieu de - Danièle Marmier / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1996

Depuis longtemps préoccupée des médecines touchant autant le corps physique, psychique et spirituel, je cherchais une structure me permettant d'aider les autres sur le chemin de la médecine globale.

Bertrand Martin me présenta Gérard Salem pour aider la Fondation Ling à coordonner le secrétariat. Les débuts furent palpitants. Avec peu de moyens mais beaucoup d'énergie nous organisions notre premier séminaire de qigong à Chemin-Dessus. Du soleil, de l'enthousiasme motivaient chacun. Des imperfections professionnelles, il y en avaient: je devais m'adapter rapidement au fichier et à une organisation de gestion de demandes d'adhésion toujours plus grande au fil des jours. Les membres du Conseil de Fondation, sans compter leur temps, géraient les travaux de recherches, les rencontres, les finances, les projets; le travail du secrétariat me revenait avec des bénévoles.

Cette Fondation donne l'occasion de tisser des réseaux de relations pleines de richesses. Cette référence supplémentaire permet cordialement de nouer des nouveaux contacts et d'échanger des points de vue sur la Vie, sur la même longueur d'onde. Les discussions animées reflètent souvent chez la plupart des êtres rencontrés une recherche d'harmonie entre les différentes médecines, les différentes cultures sans oppositions dogmatiques. On peut se placer dans la non-dualité pour dire "et" au lieu de "ou". Cette recherche d'harmonie anime les membres de la Fondation Ling. Cet espace est libre: la porte d'une conférence, d'un lieu de retraites (Crêt-Bérard), d'un séminaire, d'un cours s'ouvre et je reconnais celui ou celle avec qui j'aime dialoguer et partager un bien-être intérieur.

Etre thérapeute: mettre l'autre sur la voie du salut, de la santé, "salute", et de la "sainteté": rendre saint: "unique".

Je remercie la Fondation de poursuivre ses buts et suis reconnaissante de sa présence.

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LA TRILOGIE LING: MEDECINE-PSYCHOLOGIE-CULTURE
LL13 - Trilogie - Ilario Rossi / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1996

La question prête évidemment à confusion: quelle peut bien être la relation entre la Fondation Ling et la notion de culture? De plus, cette dernière n'a pas une signification unique et ses connotations ne sont pas partagées de la même manière par tout le monde.

En effet, le terme de culture recouvre, selon le regard qu'on lui porte ou l'école de pensée à laquelle on appartient, des contenus hétérogènes. Il suffit de citer ceux qui se réfèrent à l'écologie culturelle, pour lesquels la culture est le résultat du processus d'adaptation d'un groupe humain à son environnement. Ou bien, on pourrait encore adhérer, à l'instar des cognitivistes, à la lecture des cartes mentales que la culture fournit à ses membres afin de redonner une cohérence au monde dans lequel ils vivent. Pour les partisans du décodage des rapports de force d'une société, l'intérêt portera vers la décortication des contextes, en ayant comme finalité la mise à nu des mécanismes qui amènent des facteurs économiques, politiques et sociaux à forger des styles de vie et à influencer les formations culturelles des individus.

Mais une culture peut être aussi comprise à travers ses systèmes collectifs de représentations en donnant ainsi la priorité, comme le font les structuro-fonctionnalistes, au besoin d'accentuer la dimension holistique, globale, des logiques qu'elle met en oeuvre. La culture est aussi un des domaines de réflexion privilégiée des courants interprétatifs, qui la transforment en un système de sens: elle se définit dans ce cas comme ce qui se fait et ce qui existe dans une communauté et dans un espace/temps particulier, mais la portée de ses contenus ne peut être abordée qu'à travers le sens que les êtres humains attribuent à leurs actions. En d'autres termes, plutôt que de parler de culture, nous devrions parler de cultures.

Pourtant, derrière ces différences, une certitude crée le consensus: la culture, tout comme ses définitions, est un produit historique - daté, situé et toujours en transformation, en renouvellement permanent - qui fournit à un ensemble humain plus ou moins élargi des références communes quant à la vision du monde et la direction à prendre. Dans ce sens, Ling participe à une mouvance culturelle qui est propre au monde occidental contemporain, celle du métissage. La fondation a en effet poursuivi, au cours de ses cinq années d'existence, sa réflexion autour des logiques internes de notre culture, en s'immergeant dans l'éclatement, les particularités et la complexité des savoirs et des pratiques qui qualifient le domaine hétérogène de la santé. Ling est le produit de cet éclatement et de ce métissage de parcours, de savoir-faire et de personnalités; dans cette optique, la fondation n'est pas seulement un mouvement centrifuge mais aussi centripète: elle est productrice de pensées et d'actions qui nourrissent, dans le monde des soins, le processus des rencontres des différences, qu'elles soient professionnelles ou culturelles. Elle catalyse ainsi des aspects de notre monde culturel, elle contribue, à sa façon, à l'évolution des mentalités et des pratiques, elle participe à l'élaboration de nouveaux scénarios pour répondre au mieux aux problématiques de la santé et de la maladie.

En cela, Ling appartient à une mouvance qui la dépasse et l'englobe et, dans ce processus, elle n'a pas une étiquette, mais se définit plutôt comme un lieu ouvert parmi d'autres où des individus différents cherchent les points d'attache entre cultures et disciplines différentes, tout en s'efforçant de raisonner sur leur coexistence et leur complémentarité dans le respect de l'identité de chacun. Ling n'est pas une culture, mais plutôt un carrefour dynamique de cultures, dont un des intérêts principaux porte vers les différences pour mieux comprendre les ressemblances.

Ainsi, la fondation Ling, plutôt que d'être un lieu de réflexion sur les cultures et les soins, se présente comme un espace où l'on développe un travail de culture et de soins: elle s'intéresse moins à la culture comme notion qu'à la culture comme création. Associé aux termes de médecine et psychologie, le mot culture prend alors toute sa signification et sa légitimité dans la disponibilité à explorer les territoires étendus du métissage d'ici et d'ailleurs, ou encore de celui entre savoirs et pratiques, entre individus et communautés, soignants et soignés, disciplines et professions, bref, de toutes ces rencontres incontournables qui nous sont offertes par le monde occidental d'aujourd'hui.

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MALADIE ET MALHEUR: LA PEDAGOGIE DE L'EPREUVE
LL13 - Maladie malheur - Bertrand Piccard / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1996

La maladie et le malheur, ce ne serait pas que "du négatif". C'était l'idée qui nous inspirait lorsque nous avons lancé une enquête, à partir d'un séminaire interdisciplinaire, sur les aspects révélateurs et constructifs de la maladie et du malheur. Pour une fois, la parole n'était plus laissée aux froids techniciens de notre médecine d'avant-garde ni aux gurus mystico-traditionnels des "salons" ou des souks des médecines parallèles. Neuf questions étaient posées à nos membres sur cette face habituellement cachée de l'expérience de la souffrance. Une trentaine de personnes ont répondu à notre questionnaire. Ces données ont fait l'objet d'une thèse de doctorat en médecine réalisée par le Docteur Bertrand Piccard, membre du Conseil de Fondation, thèse récemment présentée et acceptée à la Faculté de Médecine de Lausanne. Nous livrons ci-après quelques fragments des conclusions de cette thèse.

L'original est disponible à notre bibliothèque. Un exemplaire sera remis en guise de reconnaissance à chacune des personnes qui ont accepté de participer à cette passionnante enquête, ceci lors d'une petite cérémonie qui sera l'occasion de créer un groupe de discussion de type "self help" à la Fondation, ouvert à tous ceux qui souhaitent partager avec d'autres leur expérience de la maladie et du malheur.

Toute notre recherche a montré assez clairement que des auteurs se sont de tout temps intéressés à l'interface maladie-spiritualité. Par contre, bien peu, en dehors du monde religieux, se sont penchés sur la notion-même de pédagogie de l'épreuve, c'est-à-dire sur l'évolution personnelle rendue possible par la souffrance. Quelques enquêtes ont certes abordé la question d'un éventuel sens constructif à trouver lors de maladies, d'accidents ou de drames, mais nous n'avons pas découvert de compréhension globale de la souffrance ou des épreuves de la vie s'inscrivant dans un concept évolutif. ... Les réponses de nos sujets prennent donc une importance particulière, un peu comme un sursaut de vie secouant le champ effrayant et trop méconnu de la souffrance. En effet, un grand nombre d'entre eux témoignent en faveur d'une pédagogie de l'épreuve, en faveur d'une évolution personnelle rendue possible par la maladie, l'accident, le traumatisme traversés durant leur vie. Ils parlent de la découverte de ressources intérieures dont ils ignoraient jusque-là l'existence. Ils parlent d'une autre approche de leur vie, d'une autre compréhension de la Vie en général. Nous n'allons pas revenir sur tous les termes rapportés, mais citons tout de même dans ces découvertes des notions récurrentes comme amour, tolérance, harmonie, foi, spiritualité, richesse profonde, confiance, religion, sérénité, compréhension, acceptation. Aussi incroyable que cela puisse paraître, la plupart de nos sujets s'estiment améliorés par l'épreuve vécue, et parlent même de leur souffrance comme de la clé ayant rendu possible l'accès à un type de vie qui leur apporte davantage de satisfaction, davantage d'épanouissement personnel et parfois également familial. ...

A plusieurs reprises, cependant, en rédigeant cette thèse, nous nous sommes demandé ce que pourraient bien penser de tout cela certains patients accablés par la vie et qui, d'accidents et de deuils en maladies et dépressions, ne trouvent leur salut que dans le rejet de la vie. Cette vision de l'évolution individuelle à travers la souffrance pourra paraître moralisatrice, voire même indécente, à certains. Un peu comme s'il y avait d'un côté les "bons", ceux qui auraient compris, et de l'autre les "mauvais", ceux qui auraient laissé passer leur salut. Très loin de nous, bien entendu, l'idée d'introduire quelque jugement de valeur que ce soit. Force est pourtant de constater que certaines personnes évoluent grâce à leurs épreuves et que d'autres... sont cassées par leur souffrance, par les expériences stressantes, et tombent malades. Ce que nous pouvons relever, pour tenter de répondre à cette énigme, c'est la constatation à travers nos témoignages, du fait que le sens de l'épreuve se révèle le plus souvent dans l'après-coup, et non pendant l'épreuve elle-même. Il s'agirait donc d'intégrer la notion du temps, afin de bien comprendre que les personnes stagnant au fond de leur détresse sont peut-être justement celles qui, bien plus tard, témoigneront dans le même sens que les sujets de notre enquête.

Une autre façon d'aborder ce volet serait de tenter de définir la souffrance comme une irréversible volonté de s'opposer, de résister, au changements imposés par certains événements de la vie, comme une crispation sur le corps ou le psychisme. Il y aurait donc tout de même deux attitudes face aux épreuves: la conviction de souffrir "à cause de", ou "en raison de" quelque chose, avec tout le combat nécessaire pour refuser le changement et tenter de résoudre la situation envers et contre tout, et la conviction de souffrir "pour" quelque chose. Nous relevons que les témoignages que nous avons recueillis vont dans le sens de "souffrir pour", donc dans le sens d'une ouverture au changement, à l'inconnu, et donc à une possibilité d'évolution.

...Nous pourrions imaginer que les sujets relatant une pédagogie de l'épreuve seraient ceux qui avaient pleinement accepté leur souffrance, et que les autres seraient ceux à l'avoir refusée, voire même combattue. En l'absence de réponse claire, nous pouvons tout de même relever que le ton de la plupart des témoignages est celui de la revendication d'une souffrance acceptée. Le point 9 du questionnaire corrobore cette idée, puisque le principal conseil que donneraient la moitié de nos sujets peut se résumer en "Acceptez la souffrance, vivez la pleinement pour la traverser et en retirer tous les enseignements et enrichissements". ...

Mais à l'examen, l'intérêt des réponses au point 9 dépasse ce que nous en attendions au départ. En effet, loin du type de conseil dont nous venons de parler, l'autre moitié des sujets avance la conviction qu'il ne faut pas donner de conseils mais simplement écouter, entourer, accompagner en silence celui qui souffre. Nous pourrions y voir une leçon d'humilité, peut-être même d'efficacité, pour tous les soignants qui s'efforcent de rassurer leurs patients par des explications techniques ou des conseils intellectuels. Erickson en était déjà convaincu lorsqu'il se plaignait des thérapeutes qui "essayent de rassurer leurs patients: ils essayent de les déposséder de la réalité de leurs symptômes plutôt que d'accepter et de travailler avec cette réalité". Parlant d'Erickson, Roustang précise: "Il n'est donc pas l'optimiste naïf que l'on pourrait croire, ou alors c'est un optimiste singulièrement subtil, pour reconnaître comme base de son travail que les humains ont besoin de leur souffrance. Ce qu'il propose, c'est de l'élaborer et de la situer. A l'arrivée chez le thérapeute, un symtôme est à la fois isolé et subi; il s'agira au cours du traitement, non pas de le supprimer, mais de le relier et de se l'approprier. C'est là un des aspects de la technique de recadrage ou de changement de contexte prônée par Erickson (...) Donner un contexte au symptôme qui, par définition, en manquait."

Cette notion de recadrage nous paraît de la plus haute importance dans l'optique de la troisième question de cette thèse, se rapportant aux découvertes intérieures des sujets qui souffrent. Ces témoignages indiquent clairement que c'est à l'occasion des épreuves rapportées que se sont développées des préoccupations d'ordre éthique, philosophique ou spirituel, qui n'existaient pas auparavant. Un peu comme si les sujets avaient réussi à resituer par eux-mêmes leur souffrance dans un contexte nouveau d'évolution personnelle. Ils seraient en quelque sorte parvenus par eux-mêmes, ou grâce à une aide extérieure, à opérer le recadrage si cher à Erickson. ...

L'hypothèse du recadrage est certes séduisante, puisqu'elle nous offrirait un bras de levier thérapeutique des plus utiles, mais il demeure toujours la question de savoir pourquoi c'est sur les plans philosophiques et spirituels que s'est opéré le changement de contexte. Un peu comme si le chemin parcouru par nos patients relevait soudain de l'ordre du mystère.

C'est pourquoi nous aimerions à ce stade introduire la notion du traumatisme tel que défini par Ferenczi comme un "choc équivalent à l'anéantissement du sentiment de soi, de la capacité de résister, d'agir et de penser en vue de défendre le Soi propre". Il semblerait que ce soit dans cet état psychique-là que se trouve parfois l'étincelle qui peut sauver le traumatisé de sa détresse. C'est du moins ainsi que nous comprenons ce texte de Jung:

"Les phénomènes d'apparition de l'anima font partie de ces "phénomènes-limites" qui se produisent de préférence dans certaines situations psychiques particulières. De telles situations se caractérisent toujours par l'effon–drement plus ou moins brutal d'une forme de vie ou d'un mode d'existence qui apparaissait auparavant comme la condition indispensable ou comme le fondement de toute une existence individuelle. Lorsqu'une catastrophe de ce genre se produit, non seulement toutes les possibilités de retour en arrière sont coupées, mais encore toutes les voies vers l'avant semblent barrées. On se trouve devant un champ obscur, désespérément impénétrable, dont le vide insondable est soudain rempli par la vision clairement perceptible ou par la présence tangible d'un être étrange mais secourable, de la même manière qu'au bout d'un long moment de solitude le silence ou l'obscurité s'animent d'une vie que l'on peut voir, entendre ou toucher, et notre propre "inconnu" intérieur s'approche de nous sous l'aspect d'une figure inconnue".

Les termes de Ferenczi comme ceux de Jung décrivent bien la plupart des épreuves rapportées par nos sujets, et cette explication de l'apparition de l'"anima" serait une façon de comprendre le développement de la confiance, de la sérénité intérieure et spirituelle mentionnées dans l'enquête.

Il y a dans la condition humaine des états de souffrance indicibles, et il nous paraît plus que probable qu'on ne peut les assimiler qu'en faisant appel à un autre plan, tout aussi indicible: nous voulons parler du plan de la spiritualité. Comme si une douleur morale trop intense forçait l'être humain à abandonner ses préoccupations quotidiennes pour se rapprocher de l'essentiel. Ce serait sur ce niveau qu'un recadrage deviendrait possible, que les patients pourraient puiser ou recevoir les forces nécessaires à l'élaboration de leur douleur et à la poursuite de leur vie. Ce que nous décrivons sous les termes de spiritualité et de philosophie semble rejoindre ce que Jung appelle anima et qu'il décrit comme "un archétype de l'âme objective, de l'inconscient collectif" qui se fait "l'interprète de la destinée". ...

Ce que nous pouvons affirmer à la suite de notre recherche, c'est que nous avons été en contact direct avec un certain nombre de sujets pour lesquels les épreuves de la vie ont été un important moteur d'évolution personnelle et spirituelle. En ce sens, nos résultats indiquent bien qu'il existe une pédagogie de l'épreuve, ainsi que des préoccupations spirituelles et philosophiques chez des sujets éprouvés par la vie. ... Mais ce que nous ne pouvons en aucun cas savoir au moyen de nos résultats, c'est dans quelle proportion nos thèmes concernent la population étudiée (Fondation Ling) et encore moins la population générale. Cette question pourrait trouver réponse dans une étude qui serait, celle-là, quantitative, sous forme d'enquête statistique à grande échelle.

Nous pourrions par exemple nous demander d'où provient le décalage important qui existe apparemment entre le récit de nos sujets et les préoccupations médicales modernes. En d'autres mots, nous semblons être en droit de nous demander si nous parlons le même langage que les patients. Dans notre enquête, la plus grande partie des sujets ont développé des intérêts spirituels et philosophiques que nous, comme médecin, ne recevons pas en témoignages quotidiens. Pourquoi? Est-ce parce que notre étude n'a porté que sur une frange infinitésimale de la population, regroupée au sein de la fondation Ling par un artefact social? Ou alors ces préoccupations restent-elles enfouies dans l'intimité des patients qui ne se sentent pas en confiance pour en parler à leur thérapeute?

Pour tenter une ébauche d'explication, posons-nous cette question différemment : sommes-nous formés, comme médecins, à laisser une place suffisamment importante aux intérêts philosophiques ou à la vie spirituelle de nos patients? Et là, nous pouvons clairement répondre que ce domaine ne figure pas au programme d'enseignement des facultés occidentales.

Il faut bien admettre que fréquemment, les préoccupations religieuses des patients apparaissent sous forme de délires lors d'épisodes psychotiques. Mais en généralisant de façon abusive, en n'attribuant ce type de discours qu'à des malades mentaux, on a en quelque sorte jeté le bébé avec l'eau du bain!

Il est intéressant de relever à cet égard que les études sur l'anthropologie de la médecine montrent l'absence de clivage entre la cosmologie et la thérapeutique au sein des médecines traditionnelles, qu'elles soient chinoise, indienne, amérindienne ou même occidentale (Paracelse). Les patients de notre étude ne font pas non plus de clivage entre leurs attentes thérapeutiques et spirituelles. Ils ne disent pas avoir consulté spécifiquement tel ou tel type de médecin, et la plupart avouent même avoir consulté des soignants allopathes autant que complémentaires. Et pourtant, nous, en tant que médecins universitaires, paraissons peut-être malgré nous, entretenir le fossé qui se creuse, bien malheureusement, entre thérapeutique et spiritualité, gardant le premier pour nous et laissant le second aux thérapeutes alternatifs. Une plus grande ouverture de notre part aux préoccupations même irrationnelles de nos patients améliorerait certainement le dialogue thérapeutique en même temps que l'image de la médecine académique. Sans cela, nous commencerons à risquer de voir les patients prendre de l'avance sur leurs médecins! Nous en trouvons un indice dans cet article paru il y a seulement une dizaine d'années sur les effets antidépresseurs des exercices de respiration yogi. Les patients n'ont pourtant pas attendu de lire le journal of the American Society of Psychosomatic Dentistry and Medecine pour approcher ces exercices prônés en Orient depuis la nuit des temps. Plusieurs sujets de notre enquête nous en relatent même la pratique dans leur histoire.

C'est comme si, dans notre monde occidental, un anathème frappait les préoccupations spirituelles et religieuses. Nous pourrions même nous demander s'il n'y aurait pas un tabou qui empêche de voir que le malheur peut servir le bien, et qui expliquerait qu'on ait si peu étudié ce sujet. Nous évacuons de la médecine le côté sacré qui parle de l'effet rédempteur de la maladie, de la souffrance, de l'épreuve. La plupart des médecines issues d'une tradition n'ont jamais abandonné le sacré. N'est-il pas temps pour la nôtre, enrichie de succès incontestables, de renouer avec cette dimension?

Dans un vieux proverbe soufi, il est dit que Dieu se cache dans les ruines du coeur. Mais avons-nous vraiment envie de le trouver?

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STUDIO LING 5 ANS 50 CONFERENCES
LL13 - 50 conférences - Lynda Meyer / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1996

Depuis l'année 1991, déjà 50 conférences ont eu lieu dans le cadre de la Fondation Ling. Les sujets les plus variés furent présentés, sur des thèmes chers à la Fondation,comme on le verra en consultant la liste ci-après. Ces conférences ont été enregistrées, resonorisées, classées, grâce au travail bénévole de Lynda Meyer, Maurice Berney et Karim Dubugnon.

En vue de proposer à nos membres des copies des conférences, un studio d'enregistrement audio et vidéo fut installé la même année. On compte à ce jour un total de 630 envois d'enregistrements. Une liste et des bulletins de commande sont disponibles aux bureaux de la Fondation. Une nouvelle liste, formulée selon un triple axe thématique (médecine, psychologie, culture) est reproduite ci-après.

MEDECINE, MEDECINES COMPLEMENTAIRES
No1 : Quelques stratégies de longévité en Chine
Dresse JIANG Zuyi 29.6.91
No7 : L'hypnose au quotidien
Dr Gérard SALEM & Dr René RUMLEY 8.4.1992
No8 : L'alcoolisme: quels nouveaux regards sur une ancienne dépendance?
M. Jean-Yves BOTTARELLI 13.5.1992
No9 : Médecine chamanique amérindienne
M. Ilario ROSSI 10.6.1992
No10 : La Voie des couleurs
Mme Andrée SCHLEMMER 30.9.1992
No11: Itinéraire d'un guérisseur
M. Pierre WELTNER 28.10.1992
No18: L'Eutonie
Mme Marie-Claire GUINAND 19.3.1993
No27: Un thérapeute occidental en médecine énergétique
M. Henri GUILLOT 3.12.1993
No32: Regard d'un psychiatre sur les médecines complémentaires.
Dr Gérard SALEM 20.4.1994
No34: Les enjeux du pluralisme médical
M. Ilario ROSSI 8.5.1994
No36: Pourquoi notre culture se méfie-t-elle de l'hypnose?
Dr François ROUSTANG 21.10.1994
No40: Le massage chinois à quatre mains
Mme Rinnie TANG 24.3.1995
No46: Hypnose , éthique et manipulation thérapeutique
M. François ROUSTANG 2.2.1996
PSYCHOLOGIE, PSYCHOTHERAPIE, PHILOSOPHIE
No2 : Continuité du vivant: articulation de la conscience, articulation de la vie, dans l'optique de la relation soignant-soigné.
R.P. Claude LARRE Mme Elisabeth ROCHAT DE LA VALLEE 26.2.1992
No4 : Jung et le modèle alchimique
M. Christophe EICH 26.2.1992
No5 : La tour de Babel ou le savoir écartelé
Dr René SARASIN 11.3.1992
No12: Le sens du sacré
Dr Gérard SALEM, M. Ilario ROSSI 10.6.1992
No 14: Psychothérapie et Taoïsme
M. Henri-Charles TAUXE 9.12.1992
No20: Les mouvements du coeur
R.P. Claude LARRE 25.6.1993
No 21: Comprendre la mort pour comprendre la vie
Kyabjé GOSOK RIMPOCHÉ Prof. Patrice GUEX 10.3.1993
No23: Paracelse, hier, aujourd'hui, demain
M. Christophe EICH 27.10.1993
No28: La pédagogie de l'épreuve
Msgr Germain DE SAINT-DENIS 11.12.1993
No29: La psychologie de l'ancienne Chine
Prof. XIE Dawei 24.2.1994
No30: Le psychologue, la musique et la musicothérapie
Prof. Rémy DROZ 4.3.1994
No38: Langage et conscience ou pourquoi les chinois pensent autrement
M. Christophe EICH 23.11.1994
No42: Psychiatrie et graphologie - Opposition ou complémentarité?
Dr Aldo CALANCA 26.4.1995
No 47: Retour au réel, petite stratégie de la reconquête de soi
R.P. Claude LARRE 15.3.1996
No48: La psychothérapie aujourd'hui
Prof. Nicolaz DURUZ 17.4.1996
CULTURE
No6 : Les rituels taoïstes
M. John LAGERWEY 20.3.1992
No13: Perspective des relations entre la Chine et l'Occident
M. LIAO Liandi 8.11.1992
No15: Le Hasard (15.1.1993)
Prof. Pierre NUESCH M. Cyrille JAVARY M. Christophe EICH
No16: Voyage, écriture, disparition
M. Nicolas BOUVIER 27.1.1993
No17: Relier les continents: l'aventure comme moyen de découverte
Dr Bertrand PICCARD 3.3.1993
No19: L'ethnopharmacologie
Prof. Laurent RIVIER 21.4.1993
No22: Equinoxe: vision de la terre et territorialité humaine
M. Giovanni SIMONA 22.9.1993
No24: Histoire de la création du Yi King: un meurtre familial fondateur
M. Cyrille JAVARY (& Dr G. SALEM) 5.11.1993
No25: Histoires et récits - entre imaginaire et quotidien
Mme Sylvie TROLLIET M. Olivier FALLER violoncelliste 12.11.1993
No26: La Divine comédie: un éclairage du destin
M. François MEGROZ 17.11.1993
No31: Lignes de force et forces des lignes dans la pensée chinoise
(commentaire de diapos) M. Cyrille JAVARY 11.3.1994
No35: Epouses OU concubines: la place du yin dans la tradition chinoise
M. Cyrille JAVARY 9.9.1994
No37: Survivance et renouveau du patrimoine chinois
Mme Rinnie TANG 4.11.1994
No39: Pékin Yin-Yang
M. Cyrille JAVARY 2.12.1994
No 41: A quoi sert le Yi King aujourd'hui
M. Cyrille JAVARY 31.3.1995
No43: Le Feng Shui: La géomancie chinoise
M. Cyrille JAVARY 23.6.1995
No44: Nourriture et santé dans la tradition chinoise
Prof. ZHUANG Yuanyong 6.9.1995
No45: Entretien sur la pensée chinoise et son histoire
Prof. Jean-François BILLETER 26.1.1996
No49: L'art du Lavis, art de la vie
M. Cyrille JAVARY 7.6.1996
No50: Les souffles: philosophie de la médecine chinoise
R.P. Claude LARRE 21.6.1996

Prix de chaque cassette: Membres Ling: 20 FS; Non Membres: 24 FS
Les commandes sont à adresser à:
Lynda Meyer, Fondation Ling

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CORALING
LL13 - Coraling - Véronique Terrier / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1996

Dans la Chine traditionnelle aussi bien que dans la Chine moderne le tai-chi chuan et le qi-gong sont couramment associés à d'autres formes de traitements pour un grand nombre de maladies, dont les maladies psychiques puisque physiologie et psychologie ne sont pas vraiment séparées. Plus près de nous quelques enseignants de tai-chi chuan et de qi-gong ont formé un groupe de travail sur ce thème dans le cadre de la Fondation Ling. C'est Coraling. Actuellement nous donnons des cours à des patients à l'hôpital de Cery, à la clinique de Prangins et au centre de jour de Sauvabelin. A la Picholette, qui dépend du foyer du Levant, nous travaillons avec des toxicomanes. Nous sommes également intervenus à l'hôpital de Malévaux à Monthey et au foyer du Point du Jour à Lausanne. De plus, parmi les élèves dits "normaux" des cours ordinaires ouverts à tous, chaque enseignant compte des personnes qui sont envoyées par leur psychiatre, leur généraliste ou leur physiothérapeute. Je me suis attachée à récolter les impressions, réflexions et réactions des patients en institution, des soignants, des élèves des cours ordinaires, c'est-à-dire patients et personnes dites "normales" mélangées, et des enseignants.

Je résume le point de vue des patients qui ont suivi nos cours en institutions:

Après le cours je me sens détendu, ou euphorique, ou moins angoissé. Pendant le cours j'oublie mes problèmes, je m'occupe de moi avec plus de sentiment ; j'avais oublié que la respiration est importante. J'apprends à me défendre contre les infirmiers (au sujet des exercices type martiaux). J'ai de la peine à me concentrer, à garder l'équilibre ; je ne sens rien de spécial mais je continue parce qu'on m'a dit que c'est bon pour moi. Je me sens très stable, mes jambes sont solides comme du béton. Parfois ça me donne un peu mal au ventre. C'est un moment privilégié, c'est mieux que la gymnastique. Au moins ici je n'ai pas besoin de prendre des médicaments. Je sens mes muscles, c'est fatiguant. C'est une super façon de commencer la journée.

Les soignants qui ont observé ou participé à nos cours en institution estiment que ces techniques ne s'adressent pas à des patients en état de crise aiguë mais peuvent être intéressants pour des personnes en phase de retrouver une certaine autonomie. Ils remarquent que le tai-chi chuan et le qi-gong permettent le développement des qualités motrices et psychomotrices de l'individu et offrent un rapport avec les aspects affectifs, cognitifs et sociaux de la personnalité. Je n'ai pas de réactions de médecin, mais je déduis qu'en tout cas un certain nombre d'entre eux approuve notre démarche puisqu'ils nous adressent régulièrement des patients.

Les élèves des cours ordinaires, hors institution, dont certains sont aussi suivis par leur médecin, dont d'autres sont soignants de profession, ou qui ne sont ni spécialement patient ou soignant, ont des réflexions qui évoluent en fonction du temps depuis lequel ils pratiquent: on retrouve d'abord les impressions de détente, d'euphorie et de bien-être dans les heures qui suivent le cours, ou parfois des relents de vieux problèmes qui réapparaissent momentanément avant de se dissoudre. Puis viennent des sensations physiques jamais éprouvées, une nouvelle conscience du corps, suite à quoi il peut arriver que certaines personnes arrêtent de fumer ou changent d'habitudes alimentaires. Avec les mois, voire les années, des changements plus profonds deviennent évidents : des élèves remarquent un jour qu'ils n'ont plus besoin de la série de séances physio. hivernale habituelle, leur dos va mieux, d'autres qu'ils se rétablissent plus vite de leur grippe, que la fréquence des refroidissements s'espace, qu'ils font moins de rechutes, qu'ils n'ont plus ces problèmes d'insomnie ou de digestion, etc. Ces pratiquants de longue durée affirment se sentir plus présents dans leur vie, moins vulnérables émotionnellement, à la fois sensibles et mieux centrés.

Pour finir voici le point de vue des enseignants: en institution nous avons dû adapter le contenu de nos cours en fonction du fait que les patients sont là pour une période relativement courte. Ils ne peuvent participer qu'à une série de quatre à six ou huit cours maximum et n'ont donc pas le temps d'intégrer une technique aussi complexe que l'enchaînement du tai-chi chuan. Dans ces conditions et alors que le tai-chi chuan et le qi-gong exigent une pratique régulière et durable pour produire un effet autre que superficiel, nous tentons le pari d'éveiller un intérêt, de stimuler une curiosité, avec l'idée que les personnes qui auront ainsi eu un avant-goût des possibilités de cette démarche poursuivront peut-être ces activités après leur sortie d'institution. Mais ceci exige un certain engagement de leur part et bien que beaucoup disent sincèrement vouloir continuer à l'extérieur, il semble que peu le fassent vraiment.

A mon sens et pour conclure cette présentation, une bonne motivation alliée à une faculté de persévérance constituent le moteur principal d'une transformation personnelle, donc d'une possibilité de guérison. Avec un tel moteur, alors le tai-chi chuan et le qi-gong peuvent devenir de précieux compléments thérapeutiques, autrement dit de formidables outils de la reconquête de soi.

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ET AVEC MOI DOCTEUR, ÇA PEUT MARCHER?
LL13 - Ça peut marcher - Bertrand Martin / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1996

Lorsqu'on s'adresse à une culture venue d'ailleurs, peut-être née sous des cieux exotiques, il peut nous paraître aléatoire d'en extraire son système médical traditionnel pour vouloir l'appliquer à soi-même. Comme si culture autre devait nécessairement signifier autres psychologie, physiologie, biologie, thérapies. La médecine scientifique occidentale, cette médecine venue d'ailleurs pour les autres, s'est pourtant imposée partout, balayant parfois par son arrivée, des trésors de sagesse millénaire. En va-t-il aller de même pour la médecine ayurvédique indienne, la plus ancienne médecine scientifique connue, à l'heure où elle connaît un essor sans précédent dans le monde?

La médecine ayurvédique nous apporte une connaissance universelle de l'homme et des moyens thérapeutiques s'adressant à tous les niveaux, du corps à la conscience. Cela peut-il marcher avec nous? Faut-il croire à quelque chose pour que cela marche? Faut-il être un érudit de la philosophie indienne pour que les traitements proposés soient efficaces? Répondre par l'affirmative serait attribuer la totalité de l'effet thérapeutique à l'effet placebo, seul à pouvoir expliquer qu'une croyance puisse être curative, en mobilisant les capacités d'autoguérison de l'organisme.

Non. Il est plus probable que les sages indiens de l'époque védique aient eu des connaissances scientifiques très développées (comme en témoignent les textes anciens). Leurs connaissances ne s'arrêtaient pas à la matière seulement, mais incluaient la conscience, source de toute création. Ils ont alors été à même d'élaborer des thérapies universellement valables et capables de soigner l'homme à, tous les niveaux.

Au niveau de la conscience, l'homme est le même, quelle que soit son origine. Les grands enseignements menant à une découverte concrète d'états de conscience supérieurs, disent et décrivent la même chose en termes comparables. Le Raja Yoga a érigé le chemin de l'éveil de la conscience au niveau d'une science, applicable à tous, indépendamment du milieu socio-culturel. Suivre ce chemin apporte d'autres connaissances que ne peut le faire le niveau intellectuel et peut être une aide thérapeutique précieuse pour restaurer l'harmonie conscience/corps et rompre ainsi le cercle vicieux des somatisations.

Sur le plan biologique et génétique, à part quelques cas particuliers, l'homme fonctionne de la même manière partout. On peut émettre l'hypothèse qu'au cours des millions d'années de son existence, l'humanité a uniformisé son patrimoine génétique à la faveur des multiples brassages de populations, gardant en mémoire des informations acquises sur l'ensemble de la planète. L'indien d'Amazonie n'est alors pas très éloigné sur le plan biologique du pygmée ou du vaudois. Les traitements ayurvédiques font intervenir la grande pharmacopée de la nature qui ne cesse aujourd'hui d'étonner les scientifiques occidentaux et les thérapies biochimiques élaborées au cours des millénaires seront encore longtemps l'objet de recherches scientifiques.

Une cohorte de plusieurs centaines de patients suivis sur le plan psychique avec l'aide du Raja Yoga et de la psychothérapie indienne et sur le plan physique par des traitements de médecine ayurvédique, me permet de répondre à la question du titre: oui, le vaudois réagit bien aux traitements venus d'ailleurs lorsque ces traitements sont la résultante de l'observation scientifique directe du fonctionnement de la nature. Les expériences au niveau de la conscience du vaudois sont tout à fait comparables à celles décrites par Patanjali il y a presque trois mille ans, et les commentaires durant et après un traitement ayurvédique de ce même vaudois pourraient fort bien être tirés de la littérature ayurvédique classique.

Alors pourquoi ne pas compléter notre arsenal thérapeutique par une autre médecine scientifique complémentaire à la nôtre, comme les médecines védiques auraient complété la leur par la nôtre puisqu'ils disaient que tout ce qui est contenu dans l'univers peut être utilisé pour soigner?

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LA DOCTORESSE QI BAOPING ET LE QIGONG DU VOL DE LA GRUE
LL13 - Doctoresse / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1996

Le qigong est une discipline psychocorporelle chinoise, sorte de gymnastique du corps et de l'esprit, issue d'une tradition fort ancienne, et pratiquée quotidiennement par des millions de jeunes et moins jeunes en Chine. Exercice réputé pour ses bienfaits physiques, psychologiques et mentaux, l'Occident commence à reconnaître les vertus curatives et préventives du qigong, et ceci aussi bien dans les milieux médicaux que dans la population générale.

Le qigong connait de multiples variantes. Il consiste en un certain nombre d'exercices de concentration, de respiration, de mouvements, de détente et de relaxation. Ce type d'exercice se pratique plutôt lentement, et exige de la patience avant d'observer des sensibles et durables sur la condition physique, mentale et sur la santé en général. En médecine chinoise, il est indiqué comme complément thérapeutique dans maints troubles: stress, nervosité, fatigue, surmenage, troubles du sommeil, déficience immunitaire, états dépressifs et anxieux, inhibitions ou défaillances sexuelles, convalescence, troubles psychosomatiques, etc. Même les malades graves (par exemple les cancéreux et les sidéens) le pratiquent avec l'espoir d'améliorer leur résistance à la maladie.

Le principe de base du qigong consiste à utiliser correctement l'énergie naturelle ou souffle vital, que les Chinois désignent par le terme "qi" (prononcez "tchi"). Le qi est présent aussi bien dans l'organisme que dans l'environnement naturel. Il s'agit de l'absorber, de le débloquer et de le faire circuler en soi selon des circuits particuliers qui appartiennent à la cartographie des méridiens et des points d'acupuncture.

Depuis cinq ans, la Fondation Ling a confié la tâche d'enseigner le qigong à ses membres à la Doctoresse Qi Baoping, médecin traditionnel chinois de l'Université de Tianjin (République Populaire de Chine). La Doctoresse Qi Baoping enseigne une forme particulièrement élaborée de qigong, appelé le "qigong du vol de la grue" (he xian zhuan qigong ), forme créée et enseignée par le maître Zhao Jin Xiang, auprès duquel elle l'a apprise. Cette forme classique est très répandue en Chine, ce que nous avons pu constater sur place lors de nos voyages en de nomberuses provinces. A ce jour, plus de 150 élèves ont suivi cet enseignement à la Fondation Ling, avec enthousiasme et profit.

Ce qigong est accessible à tout un chacun et n'exige aucune qualité particulière de la part de l'élève, à part son intérêt et un peu de patience. Il se pratique debout et comporte une séquence de six enchaînements (ou "mouvements"). L'enseignement est dispensé au cours de trois week-ends résidentiels échelonnés sur l'année (cycles A, B, C), dans un hôtel de la région montreusienne, dans un cadre bienfaisant et propice à la détente, une atmosphère amicale et chaleureuse. La forte personnalité, la vigilance et l'humour malicieux de la Doctoresse Qi Baoping contribuent à la qualité de cet enseignement recherché. Quant à Jacques et Isabelle Finger, proches collaborateurs de la Fondation Ling, ils assurent régulièrement toute l'organisation technique et pédagogique de ces week-ends.

Compte tenu du vif succès emporté par l'enseignement de ce qigong du vol de la grue auprès de nos membres, et à la demande générale, une équipe s'est attelée pour éditer en été 1993 un fascicule aide-mémoire, clair et abondamment illustré, qui permet d'affiner l'apprentissage de chacun et de se remémorer certains enchaînements complexes. Il est disponible pour un prix modique à la Fondation Ling et lors des week-ends d'enseignement, à l'intention des élèves du cours.

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QU'EST-CE QUE LE YI KING?
LL13 - Yi king - Lynda Meyer / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1996

Le Yi King est un des plus anciens textes de la civilisation chinoise. Appelé aussi "classique des transformations" il représente en quelque sorte le discours de la méthode du système yin/yang. Sans auteur, il transcrit, sous forme d'un code binaire formé de lignes brisées et pleines le potentiel énergétique d'une situation à un moment précis. Sa première ambition est d'être un guide pour l'action, utilisable individuellement comme aide à la prise de conscience et à la prise de décision. En authenticité, le Yi King fait partie des cinq grands classiques chinois et son influence fut grande car elle a nourri les deux grands courants de la Chine ancienne, le Taoïsme et le Confucianisme.

Pourtant son texte raconte les vallées et les montagnes, les lacs et les rivières, la ronde des saisons. Il traite des problèmes humains tels que les guerres et les révolutions, les conflits hiérarchiques, les réalités politiques, les floraisons et déclins des civilisations. Tout cela simplement à partir de 64 situations types de la vie quotidienne chinoise symbolisant la ronde des phénomènes naturels et leurs modifications continuelles.

Clé de sol de la pensée chinoise, le Yi King n'est pas un livre spéculatif, il ne fait pas de théorie ni de morale, mais de la stratégie d'action qui entend depuis plus de trente siècles aider l'être humain à saisir son présent pour apprivoiser son avenir.

Le Yi King n'est pas un procédé divinatoire. Il est un moyen de trouver dans un monde changeant des repères fixes.

Pour les chinois, la seule chose constante dans la vie est que tout change toujours constamment. Ainsi dans la ronde des saisons, nous savons que chaque année revient le printemps mais nous ignorons de quelle manière, s'il sera précoce ou tardif, pluvieux ou ensoleillé. Nous sommes à la fois soumis à une réalité quotidienne toujours nouvelle et à ses règles sous-jacentes constantes et nous avons confondu ces règles avec la prédiction du futur.

Le Yi King ne prédit pas l'avenir. Il est un résultat de l'observation des lois du fonctionnement de l'univers. L'astuce des chinois est d'arriver à discerner ces lois pour se situer dans les continuelles fluctuations du moment, dans les différentes possibilités du présent.

Consulter le Yi King, c'est raboter ce qu'il peut y avoir d'individuel à son problème, et le placer de l'état de particularisation à une organisation plus générale en termes énergétiques yin/yang.

Ainsi, le Yi King a la prétention de rassembler toutes nos différences dans 64 situations, et l'intérêt de cette démarche est de produire un regard dialectique sur nous-mêmes, de voir sa situation en position "méta", de faire le pas de côté qui permettra d'en détecter le mécanisme.

Demander conseil au Yi King, n'est-ce pas finalement le moyen de ne pas agir à contre-temps?

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L'HYPNOSE: UN ART DE SOIGNER
UNE FORME DE DECOUVERTE DE SOI
LL13 - Hypnose / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1996

Méthode de soins vieille comme le monde et répandue dans toutes les cultures, l'hypnose constitue de nos jours un champ de recherches scientifiques expérimentales et cliniques déjà bien exploré, et connait des applications médicales sérieuses et éprouvées, notamment depuis qu'elle bénéficie des acquisitions récentes d'autres disciplines (neurophysiologie, psychiatrie, psychologie, cybernétique, théories de l'apprentissage, techniques de communication, etc.).

L'intérêt de cette redécouverte scientifique de l'hypnose se vérifie quotidiennement dans le monde des soins. Médecins psychiatres, internistes, généralistes, pédiatres, anesthésistes, chirurgiens, gynécologues, dentistes, etc. y recourent volontiers dans leur pratiques diversifiées. Les indications de l'hypnose sont vastes: douleurs rebelles, maladies psychosomatiques, hypertension artérielle, pathologies pulmonaires, cardiaques et digestives diverses, troubles psychosomatiques, symptômes psychiatriques tels que l'angoisse, les attaques de paniques, les phobies, les troubles du sommeil, les perturbations sexuelles, les états dépressifs, les conduites de dépendance, etc. A l'approche strictement médicale, s'ajoutent quelques applications plus adaptée de l'hypnose par les paramédicaux : infirmiers, physiothérapeutes, logopédistes, assistants sociaux, etc. Dans un cas comme dans l'autre, l'hypnose s'avère un instrument de travail non seulement fort utile et à l'efficacité avérée, mais une pratique inventive en plein essor, stimulante et structurante, à condition de l'avoir étudiée sérieusement et d'en connaître strictement les limtes et les contre-indications.

Enfin, si l'autohypnose connait un si vif engouement de nos jours, c'est parce qu'elle s'avère non seulement un moyen de travailler soi-même sur sa santé physique et mentale (de sorte à compléter utilement le travail du médecin), mais indiscutablement un moyen de découverte de soi, de maîtrise du stress, du trac, des défauts de concentration, de la fatigue, des troubles du sommeil, quand elle n'est pas simplement un moyen de développement de l'imagination.

Tenant compte de ces avantages, désireuse aussi de se maintenir à l'avant-garde des soins de qualité, l'Unité d'Hypnose de la Fondation LING organise plusieurs types d'enseignement de l'hypnose, ouverts aux professionnels de la santé ou à tout un chacun:

Le cycle A, d'une cinquantaine d'heures, est réservé aux médecins, médecins-dentistes, psychologues, psychothérapeutes; il comporte des cours théoriques et techniques, une dizaine d'heures de supervisions cliniques, et un examen final avec certificat en hypnose clinique.

Le cycle B, d'un peu plus de quarante heures, est réservé aux paramédicaux: infirmiers, physiothérapeutes, assistants sociaux, logopédistes, etc. Il comporte environ cinq heures de supervisions cliniques, avec examen et certificat final en techniques hypnotiques.

Le cycle C, est ouvert à tout un chacun sans aptitude professionnelle particulière, il s'agit d'une initiation poussée à l'autohypnose, sous forme d'un week-end, suivi de soirées périodiques d'autohypnose.

A ce jour 125 élèves ont suivi ces divers cours d'hypnose avec un intérêt soutenu. La volée actuelle du cycle A (1996) compte une quizaine de médecins,psychologues, psychothérapeutes.

L'Unité d'Hypnose de la Fondation Ling est dirigée par Gérard Salem, médecin psychiatre, président de la Fondation Ling. Il est assisté dans son enseignement par une équipe plurisdisciplinaire de formateurs. Ont participé en qualité de formateurs jusqu'à présent les hypnothérapeutes suivants: René Rumley, médecin-dentiste, Patrick Noyer, médecin-dentiste, Bertrand Piccard, médecin psychiatre, Jean-Paul Corboz, médecin généraliste, Serge Linder, médecin-anesthésiste, Marianne Gubler, psychothérapeute, Marie van Leckwick, psychothérapeute, MartineOswald, psychothérapeute, Anne Spagnoli, secrétaire de la Fondation Ling et coordinatrice de l'Unité d'Hypnose, Klaus Hilscher, médecin généraliste, Nick Miler, médecin psychiatre, Béatrice Décaillet, médecin généraliste.

Aux cours et séminaires habituels de la formation à chaque cycle, s'ajoutent d'autres opportunités de parachever sa formation. L'Unité d'Hypnose organise en effet régulièrement des journées de perfectionnement, des séminaires spécifiques avec des spécialistes de Suisse et de l'étranger, des soirées d'autohypnose, des supervisions-intervisions par petits groupes.

Enfin, l'Unité d'Hypnose a publié divers documents: polycopiés destinés aux élèves, articles de fond dans des revues scientifiques, comptes-rendus de conférences sous forme d'articles dans des revues à plus large public, des audiocassettes disponibles au "studio Ling".

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ATELIER DE NARRATION
LL13 - Narration - Isabelle Guisan / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1996

Depuis quelques temps se réunissent à la Fondation Ling quelques personnes intéressées par les récits, le plaisir de raconter des histoires ou de se raconter sous des formes diverses. Après quelques rencontres, ce groupe initial a formulé de désir d'aller vers un projet plus structuré qui sera mis en forme progressivement pendant le semestre d'hivers à venir.

C'est l'occasion d'une mise en commun de divers modes narratifs (faits divers, anecdotes, légendes, contes traditionnels, sagas familiales, récits folkloriques, simple relation ou chronique d'une expérience), et cela sous des formes variées et inventives (mots dits ou mimés, images collées ou peintes, photos, albums, scénographies diverses, etc.). Des spécialistes du récit ou du spectacle seront invités périodiquement au sein de ce groupe animé par Madame Isabelle Guisan.

Si vous aimez les histoires et si vous souhaitez développer votre créativité et votre inventivité tout en en faisant profiter les autres, vous êtes les bienvenus à cet atelier.

En général, le mardi soir, au siège administratif de la Fondation Ling.

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LA CONDUITE DE LA VIE SELON LES CHINOIS
LL13 - Conduite de la vie - Claude Larre / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1996

Orienter notre "conduite de la vie" en nous inspirant de tous les modèles utiles est certes une sage et intéressante intention. En quoi le modèle chinois a-t-il un intérêt particulier dans le monde d'aujourd'hui? S'agit-il ici d'une mode, d'une simple mania sinologica de la Fondation Ling, ou bien y a-t-il davantage à espérer d'une telle approche? Voilà quelques questions auxquelles le Rév. Père Larre, jésuite, sinologue de renommées internationale, auteur de multiples publications, directeur de l'Institut Ricci et parrain de la Fondation Ling, tente de répondre au fil de ces rencontres passionnantes. Le samedi 22 juin, il nous a éclairés sur la notion d'énergie, de "souffles", de vitalité, en collaboration avec un praticien de médecine chinoise traditionnelle. Le 26 octobre 1996, au lendemain de sa conférence intitulée Thérapeute et patient, deux dans un même bain , le thème du travail pratique porte sur les effets évidents et cachés des relations humaines sur la santé, en particulier au coeur de la relation thérapeutique (le R.P. Larre est président de l'Ecole Européenne d'Acupuncture). Ceci en collaboration avec des spécialistes du toucher thérapeutique (Mme Juliette Pilet et Mme Marlyse Schweizer, spécialistes reconnues du shiatsu et de son enseignement sur la scène européenne), qui animent la partie pratique de la journée. Ainsi, à la théorie se combine de façon heureuse et excitante la pratique, ceci dans le cadre détendu et plaisant de La Longeraie, à Morges.

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COURS HEBDOMADAIRE DE DO-IN
LL13 - Do-in - Marie-Claire Essade / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1996

Le DO IN est par excellence une discipline de type self-help , une façon subtile et élaborée de s'occuper de son corps et de sa santé. Cette technique de massages est une des applications du shiatsu, qui dérive lui-même de l'art des massages chinois, conçus et mis au point à partir e la médecine traditionnelle chinoise. Le but du DO IN est la revitalisation de l'être tout entier. Il est destiné à prévenir la maladie, à maintenir et renforcer la santé.

Le DO IN est une pratique simple, efficace, et accessible à tous. Il n'exige pour tout instrument que les doigts et les mains. Il s'agit d'utiliser ses mains telles des antennes qui agissent sur tout le corps. Par une série de pressions, de tapottements, de frappes, de frictions,d'effleurages, d'étirements et de manipulations, on influe sur les os, les muscles, les articulations, pour les réveiller et les assouplir.

Le DO IN doit être pratiqué quotidiennement, de préférence le matin. Il ne s'agit pas d'une thérapie, mais c'est une aide précieuse lorsqu'il s'agit de se remettre sur pieds lors d'un traitement médical d'importance.

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CHARTE DE LA FONDATION LING (1991)
LL13 - Charte / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1996

Lorsque, voici cinq ans, nous avons publié notre Charte, nous ne savions pas combien de temps nous prendrait la réalisation des trois grandes étapes de son programme. Il ne s'agissait pas d'un manifeste, mais d'une déclaration d'intention. Avec le recul, nous sommes à même de vérifier le travail réalisé en un lustre. Il s'agit essentiellement des deux premières étapes de notre programme: récolter les données dans une perspective comparative, puis les faire connaître grâce à un dispositif diversifié d'enseignement ou d'information des milieux concernés et du grand public. Il suffit pour cela de rappeler le vif succès rencontré par les multiples conférences, séminaires, congrès, journées et séminaires de la Fondation Ling dans le domaine du métissage des soins et selon une conception humaniste de la santé.

Les milieux politiques se sont intéressés à notre travail et leur intervention auprès de notre faculté de médecine (exprimant le voeu que la Fondation Ling soit consultée par une commission universitaire) a abouti à la mise en place d'un enseignement à option de quelques-unes des médecines dites "parallèles" dans notre faculté (entre autres l'acupuncture et l'homéopathie). Plusieurs congrès d'importance et maints séminaires d'approche comparative se sont tenus sous l'égide de la Fondation Ling dans les locaux universitaires du CHUV, de l'Hôpital Cantonal de Genève ou encore à la clinique psychiatrique universitaire de Lausanne (Hôpital de Cery). Ceci a été complété par un certain nombre d'enquêtes, de recherches et de publications scientifiques (dont la presse écrite, radiophonique et télévisée a parfois rendu compte). Enfin, les travaux de la Fondation n'ont pas été seulement plébiscités par les milieux médicaux, mais également par les praticiens des disciplines dites "complémentaires", ce en quoi la vocation de plate-forme inspirée d'échanges entre médecine orthodoxe et soins "parallèles" a été largement respectée.

Tout en restant attentifs à ne pas sombrer dans une autosatisfaction imbécile, il nous paraît opportun de relire (et faire relire) aujourd'hui notre Charte, pour mesurer le travail accompli et celui qu'il reste à faire. La troisième étape concerne en effet la mise au point de stratégies conncertées de soins métissés. Il y a du pain sur la planche pour le prochain lustre!

Pour lire la Charte

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COUP D'OEIL SUR L'ORGANIGRAMME ET LES COLLABORATEURS DE LA FONDATION
LL13 - Organigramme / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1996

Parrain
Rév. Père C. Larre, Institut Ricci, Paris
Conseil de Fondation
Dr G. Salem, médecin (président)
Dr B. Martin, médecin (vice-président)
Mme J. Graziano von Burg, avocate
Mme Y. Lo Sangra, psychologue
M. I. Rossi, anthropologue
Dr B. Piccard, médecin
Dr S. Linder, médecin
Dr E. Bonvin, médecin
Administration
Mme Hélène Bottarelli, directrice
Mme Anne Spagnoli, secrétaire
Mme Annie Amblet, auxil. secr.
Mme Shosh. Corthesy, auxil. secr.
Contrôleur
M. Jean Vallelian (Planinsurance)
Proches collaborateurs
Bibliothèque
Mme Marie Nicolet (La Tour-de-Peilz)
La Lettre
Dr Gérard Salem (Lausanne)
Mme Michèle Gamba (Nyon)
M. Gérald Béroud (Lausanne)
Mme Annie Amblet (Lausanne)
M. Maurice Berney (Lausanne)
Mme Sophie Chappelet (anc. Renens)
Mme Gisèle Eberhard (anc.Savigny)
Mme K. Orville Frei (anc.Froideville)
Studio Ling
Mme Lynda Meyer (Savigny)
M. Maurice Berney (Lausanne)
M. Karim Dubugnon (anc.)
Voyages en Chine
M. F. Leresche (Lausanne)
Dr Gérard Salem (Lausanne)
M. Luc Defago (Genève)
Mme Véronique Terrier (Lausanne)
Médecine chinoise
Dresse Qi Baoping (Tianjin)
R.P.Claude Larre & Mme E. Rochat de la Vallée (Institut Ricci,Paris)
Dr Jean Morier-Genoud (Vevey)
M. Christophe Bonvin (Lausanne)
Mme Josiane Bonvin (Lausanne)
Yi King
M. Cyrille Javary (DjoHi, Paris)
Mme Lynda Meyer (Savigny)
Qigong
Dresse Qi Baoping (Tianjin)
M.& Mme J. & I. Finger (Lausanne)
Mme Rinnie Tang (Paris)
Mme Véronique Terrier (Lausanne)
Mme Juliette Pilet (Lausanne)
Taiji & Coraling
Dr Gérard Salem (Lausanne)
Dr René Raggenbass (Monthey)
Mme Véronique Terrier (Lausanne)
M. Luc Defago (Genève)
Mme Mireille Vuillemin (Trélex)
Mme Catherine Eggler (Lausanne)
Langue chinoise
Mme Rulan Bruhlmeier (Lausanne)
Mme Yachiun Lo Sangra (Lausanne)
M. Gérald Béroud (Lausanne)
Groupes Senoï
Mme Monique Jaton (Chexbres)
M. Jean Loup (Lausanne)
Mme Beatrice Corti (Burtigny)
Mme Danielle Simonet (Lully)
Mme Claire Herzen (Lausanne)
Atelier de narration
Mme Isabelle Guisan (Aubonne)
Hypnose
Dr Gérard Salem (Lausanne)
Mme Anne Spagnoli (Lausanne)
Dr René Rumley (Prilly)
Dr Patrick Noyer (La Chaux-de-F.)
Dr Bertrand Piccard (Lausanne)
Mme Marianne Gubler (Nyon)
Mme Marie van Leckwick (Prangins)
Mme Martine Oswald (Nyon)
Dr Klaus Hilscher (Vevey)
Dr Nick Miler (Montreux)
Dr Beatrice Decaillet (Trois Torrents)
Massages, do in, shiatsu
Mme Rinnie Tang (Paris)
Mme Juliette Pilet (Lausanne)
Mme Marlyse Schweizer (Lausanne)
Mlle Marie-Claire Essade (Lausanne)
Méditation, yoga, ayurveda
Dr Bertrand Martin (Lausanne)
Mlle Semiramis Abdallah (Monaco)

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DONNEES ADMINISTRATIVES
LL13 - Données administratives / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1996

La Fondation Ling est une institution reconnue d'utilité publique et sans but lucratif, dont le siège est à Lausanne. Comme pour toute fondation, sa comptabilité est placée sous la surveillance des autorités de l'état, par l'entremise d'une fiduciaire. Elle est dirigée par un Conseil de Fondation, composé de huit membres (cinq médecins, un anthropologue, une psychologue, une avocate), sous la présidence d'un médecin. La direction et la coordination administratives sont assurées par une infirmière de santé publique, assistée par une secrétaire et par une équipe de bénévoles. Nombre de collaborateurs contribuent à la bonne marche des diverses activités de cette fondation: enseignement, recherche, enquêtes, publications, voyages, etc.

Remarque:
Les statuts de la Fondation ainsi que les bilans annuels sont disponibles sur simple demande au siège administratif.

COMMENT SOUTENIR LA FONDATION LING?
En devenant membre (cotisations)
En versant des dons
En participant aux conférences, enseignements et manifestations
En offrant une aide bénévole
En faisant connaître ses travaux dans les milieux concernés
En achetant des numéros de La Lettre et des cassettes de conférences
Pour les dons, veuillez faire vos versements aux comptes bancaires:

Fondation Ling - CCP Lausanne C.10.208.95-7
(mentionner svp s'il s'agit d'un don ou d'une cotisation!)
N.B. Il est possible aux donateurs de défalquer de leurs impôts le montant de leurs dons à ces deux comptes.

Montant des cotisations annuelles:
Membre individuel: 100 FS
Membre professionnel: 200 FS
Membre bienfaiteur: 300 FS
Membre étudiant, apprenti
avs, ai, chômeur: 60 FS

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LA LETTRE ET AUTRES PUBLICATIONS
LL13 - Autres publications / © Fondation Ling, Lausanne, septembre 1996

La Fondation Ling publie régulièrement son bulletin d'information intitulé La Lettre, distribué gratuitement à tous ses membres et à un certain nombre d'institutions (médicales ou non). Douze numéros ont paru à ce jour. Chacun contient généralement un calendrier des activités, des annonces et des comptes-rendus de diverses manifestations, de même qu'un dossier thématique consacré à un sujet particulier ou général, entrant dans la ligne de mire de la Fondation, et traité par un groupe interdisciplinaire. L'équipe rédactionnelle de La Lettre se tient à diposition des auteurs intéressés pour coordonner la réalisation de chaque numéro. Des espaces publicitaires sont disponibles (prière de contacter la rédaction). Il reste un certain nombre d'exemplaires disponibles de chaque numéro à la Fondation (prix: 5 francs le numéro).

Voici à titre indicatif la liste des dossiers thématiques traités dans ces 12 numéros.

  1. Pas de dossier thématique (mais une lettre "fondatrice" du R.P.Larre).
  2. Le taijiquan.
  3. Les disciplines psycho-corporelles.
  4. Maladie et malheur.
  5. Soigner.
  6. L'hypnose.
  7. La différence.
  8. La Comparaison.
  9. Naître.
  10. Forum des Soignants: Médecine Plurielle et Pluralité des médecines.
  11. Médecine ayurvédique indienne.
  12. Le Voyage.

Par ailleurs, la Fondation Ling a édité d'autres publications: un fascicule de présentation de la Fondation (avec l'historique de la Fondation et sa Charte), un fascicule consacré au Qigong du Vol de la Grue, deux polycopiés d'hypnose (degré débutants et degré avancés).

En outre, la Fondation a publié nombre d'articles dans des revues scientifiques ou dans la presse écrite (thèmes divers : métissage de la santé, chamanisme, médecine sacrée ou profane, anthropologie, taijiquan, hypnose, relations de voyage en Chine, etc.). Les intéressés peuvent en demander des tirés à part à notre secrétariat.

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BIBLIOTHEQUE
LL13 - Bibliothèque / © Fondation Ling, Lausanne, septembre1996

La Fondation Ling dispose depuis quelques années d'une bibliothèque très variée touchant à ses thèmes électifs et dont les ouvrages sont disponibles au prêt pour ses membres.

Ces ouvrages (plus de 330) sont répertoriés, classés, organisés et gérés par Madame Marie Nicolet, proche collaboratrice de notre Fondation.

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